Orbe (VD): Chauffeur de taxi décédé: «C'est un coup de malchance»
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Orbe (VD)Chauffeur de taxi décédé: «C'est un coup de malchance»

Le chauffeur de taxi de 79 ans qui s’est fait écraser contre un arbre par sa voiture alors qu'il transportait trois écoliers était très apprécié à Orbe (VD). Le quartier est sous le choc. La police parle d’erreur humaine.

par
Sarah Zeines
Chantal Tréhan montre l’arbre contre lequel le malheureux chauffeur, Michel Vaney, a été écrasé.

Chantal Tréhan montre l’arbre contre lequel le malheureux chauffeur, Michel Vaney, a été écrasé.

Jean-Guy Python

u début, on a pensé qu’il avait fait un malaise.» Chantal Tréhan, collaboratrice de la société Taxi d’Orbe depuis dix-sept ans, est encore sous le choc. Mercredi à 8 h 15, elle a vu Michel Vaney, le mari de sa cheffe, être victime d’un accident, à deux pas de son domicile – également siège de l’entreprise – au chemin des Covets. Le drame est survenu alors que l’homme de 79 ans venait de faire monter trois enfants dans son Opel Zafira, afin de les acheminer à l’établissement primaire. La voiture, parquée dans la rampe, sa partie arrière face à des arbustes, a dévalé la pente alors que Michel Vaney fermait le coffre. Le malheureux s’est retrouvé coincé, incapable de bouger.

«L’enquête démontre clairement que l’accident est lié à une erreur du conducteur, qui a oublié de serrer son frein à main alors que le véhicule était en position neutre», note Arnold Poot, porte-parole de la police vaudoise.

Course ponctuelle

L’habitant d’Orbe, à la retraite, faisait ponctuellement des courses pour assister son épouse dans la gestion de son entreprise de transports. «La société est mandatée par une poignée d’écoles spécialisées, explique Chantal Tréhan. Dans ce cas, il s’agissait pourtant d’une course isolée, qui venait d’être demandée le matin même par des parents de l’immeuble.» Cette connaissance de longue date de la famille Vaney a eu le malheur d’assister à la scène qui a suivi. «Cela s’est passé sous nos fenêtres. Nous avons entendu une voisine hurler, puis nous sommes descendus pour l’assister, raconte-t-elle. Il gémissait.» Face à l’urgence, Chantal prend la situation en main: «Après m’être assurée qu’une ambulance venait, j’ai amené les trois enfants à l’école. Ils n’ont que 5 ans. Ils pleuraient», raconte-t-elle.

Du défunt, Chantal dresse un portrait élogieux: «Il était heureux d’avoir sa place au sein de l’entreprise, malgré ses 79 printemps, raconte-t-elle. Il était indispensable. Chaque année, il passait les contrôles médicaux d’usage.» Et de préciser: «Tout le monde à Orbe le connaissait. Il voulait toujours faire plaisir et était pointu sur la sécurité et le bien-être de ses passagers. Malheureusement, ce jour-là, il a eu un coup de malchance.»

S’agissait-il d’un transport scolaire mis en place par l’école? «Absolument pas, répond Laurent Delisle, directeur de l’établissement primaire d’Orbe et environs. Dans ce cas, il s’agissait d’une course organisée sur une initiative privée. Les transports scolaires officiels ne sont organisés que pour les élèves qui vivent à plus de 2,5 km de l’école. Ou lorsque l’âge de l’élève, la nature du chemin et les dangers qui sont liés au déplacement le justifient.» Les enseignants auraient aussi pris des précautions particulières avec les trois bambins choqués. «Constatant qu’une des petites sanglotait, la professeure leur a proposé de s’exprimer en dessinant, ajoute le directeur. Nous avons également communiqué les coordonnées des psychologues scolaires aux parents pour un éventuel débriefing.»

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