Étude - Chez les poissons nettoyeurs, c’est le sexe qui détermine les compétences
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ÉtudeChez les poissons nettoyeurs, c’est le sexe qui détermine les compétences

Des travaux de l’Université de Neuchâtel révèlent mercredi que les femelles et les mâles de cette espèce corallienne ont des capacités cognitives différenciées.

Le «Labroides dimidiatus», ou labre nettoyeur, est un habitant des récifs coralliens qui a la capacité de changer de sexe au cours de sa vie.

Le «Labroides dimidiatus», ou labre nettoyeur, est un habitant des récifs coralliens qui a la capacité de changer de sexe au cours de sa vie.

Getty Images/iStockphoto

Les labres nettoyeurs, des petits poissons coralliens, sont bien connus pour leur «travail» consistant à picorer les parasites dans la gueule ou sur les écailles des autres habitants des récifs. Mais cette espèce présente aussi une autre particularité: ses individus ont des compétences différentes suivant leur sexe. Les femelles contrôlent mieux leurs impulsions que les mâles, alors que ceux-ci sont meilleurs dans les tâches d’apprentissage, révèle l’Université de Neuchâtel (UniNE).

Publiés ce mercredi dans la revue «Royal Society Open Science», ces travaux se sont penchés sur le «Labroides dimidiatus» parce qu’il fait partie des organismes qui changent de sexe au cours de leur vie. Les labres nettoyeurs naissent tous femelles et ne cessent jamais de grandir. Sitôt que l’une d’elles devient plus grosse que les autres membres du groupe, elle se transforme en mâle, les autres femelles constituant alors son harem.

Or, des différences cognitives ont été constatées entre les deux sexes par Zegni Triki, postdoctorante de l’Université de Stockholm, sur la base de ses précédentes recherches menées à l’Université de Neuchâtel avec Redouan Bshary, directeur du Laboratoire d’éco-ethologie de l’UniNE. «C’est la première fois que des capacités cognitives liées au genre sont observées chez un poisson qui change de sexe, souligne la biologiste. Ainsi, les mâles sont plus performants dans des tâches d’apprentissage, tandis que les femelles font preuve de plus de maîtrise de soi.»

Pour arriver à cette conclusion, la scientifique a mené des expériences en aquarium. Elle a ainsi placé dans le bac deux plateaux de couleurs différentes et caché de la nourriture derrière un seul plateau. En répétant l’expérience, les mâles ont fini par apprendre à se diriger systématiquement vers le plateau nourricier, alors que les femelles ne sont arrivées à l’atteindre que de manière aléatoire.

À l’inverse, la gent féminine du labre nettoyeur a excellé dans une autre expérience où de la nourriture était disposée derrière une paroi transparente en plexiglas. Les femelles ont été capables de contourner l’obstacle tout en gardant un œil sur la nourriture jusqu’à y accéder. Les mâles, en revanche, ont buté plus de fois que les femelles contre la paroi transparente avant de la contourner et d’accéder à leur récompense.

Reste encore à déterminer si, à l’échelle individuelle, une femelle qui devient mâle garde encore ses capacités de femelle, ou si elle les perd totalement. Une piste que les deux biologistes entendent explorer dans la suite de leurs travaux, précise l’UniNE dans son communiqué.

(comm/egr)

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