Hockey sur glace - «Ça serait marrant que Linus Omark tente un tel geste»
Publié

Hockey sur glace«Ça serait marrant que Linus Omark tente un tel geste»

La finale des play-off est de retour à Genève. L’occasion de passer un coup de fil à Thomas Déruns, auteur du but le plus fou de l’histoire des séries pour le titre il y a onze ans aux Vernets.

par
Cyrill Pasche
17 avril 2010, finale des play-off aux Vernets, acte IV. Thomas Déruns marque un but inoubliable au gardien bernois, Marco Bührer.

17 avril 2010, finale des play-off aux Vernets, acte IV. Thomas Déruns marque un but inoubliable au gardien bernois, Marco Bührer.

Eric Lafargue

Bonjour Thomas. Vous vous doutez bien pour quelle raison on vous appelle, n’est-ce pas?

Pour parler de la finale de 2010 avec GE Servette, je suppose.

Oui mais pas seulement. A cause de votre fameux but, du jamais vu à l’époque, ce «airhook» que vous aviez marqué contre Berne un 17 avril 2010 lors de l’acte IV de la finale. Le 3-2 au début du troisième tiers. Les Vernets en tremblent encore!

Ce but, il est gravé dans ma mémoire. On m’en parle encore de temps en temps. Mais ça commence à dater.

Un geste pareil, cela se prépare ou cela se fait comme ça, à l’instinct?

C’est Yannick Dubé, un joueur canadien de La Chaux-de-Fonds à l’époque, qui marquait plusieurs buts de cette façon chaque saison. Je l’avais beaucoup travaillé à l’entraînement. Je disais toujours à Jimmy, notre chef matériel: tu verras, je vais en marquer un! Parfois, il me voyait revenir au banc et me disais: j’ai vu, là, t’aurais bien voulu essayer. Le problème avec ce genre de geste, c’est qu’il faut que les conditions soient parfaites. Une glace nettoyée, de la toile isolante sèche. C’est ce qui s’est produit ce fameux soir contre Berne lorsque je l’ai tenté et réussi.

Vous revoyez encore l’action?

Bien sûr. C’était au début du tiers, nous étions en power-play. Je me trouvais derrière la cage et le défenseur de Berne était vraiment mal placé. J’avais toute la place qu’il me fallait pour essayer. Et puis, comme ce geste n’avait jamais été tenté en LNA, le gardien ne s’y attendait pas du tout.

Ensuite, quand le puck est entré, c’était le délire dans la patinoire et sur la glace…

Ouais. Quand j’ai marqué, j’ai vraiment déconnecté et j’ai fait n’importe quoi, je ne savais plus vraiment ce qu’il m’arrivait! Dans la patinoire, il y avait une ambiance de folie: c’était un but important, dans un match tendu. Autant dire que je n’ai plus jamais vécu une telle émotion après un but.

Thomas Déruns a marqué le 3-2 contre Berne lors de l’acte IV de la finale contre Berne. 

Thomas Déruns a marqué le 3-2 contre Berne lors de l’acte IV de la finale contre Berne.

Eric Lafargue

Quand on réussit un geste pareil, vaut-il mieux ne plus jamais le tenter? Histoire de rester sur une note ultra positive?

Plus tard, quand je jouais à Berne, j’avais de nouveau essayé. Quand le public a vu que je me préparais à le faire depuis derrière le but, les gens sont devenus fous. Il y a eu une immense clameur. Sauf que je l’ai complètement foiré, le puck est parti dans l’arrondi, et l’adversaire a presque marqué sur la contre-attaque! Donc oui, j’aurais dû en rester à celui que j’avais réussi avec Genève.

Si un joueur actuel de GE Servette devait sortir un airhook de son chapeau cette année en finale contre Zoug, ce serait qui?

C’est marrant, avant la finale, j’ai envoyé un message à Jimmy, le chef mat’ des Aigles. Je lui ai dit, pour rire, de chauffer Linus Omark et de lui dire qu’il n’oserait certainement pas essayer! Donc là, on verra si le message est passé. Plus sérieusement, j’espère que GE Servette va remporter le titre, je suis à fond derrière eux!

Votre opinion