Canton de Vaud: Chômage partiel: le Service de l'emploi fait front
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Canton de VaudChômage partiel: le Service de l'emploi fait front

Depuis le début du semi-confinement à la mi-mars, le service de l'emploi a reçu jusqu'à 1800 demandes de réduction de l'horaire de travail par jour.

Dans le canton de Vaud, le Service de l'emploi croule sous les demandes de chômage technique, la fameuse réduction de l'horaire de travail (RHT). Pour faire face, il a dû se réorganiser, former du personnel et travailler le week-end. Visite dans ses locaux à Lausanne.

Quelques bureaux occupés, des couloirs souvent vides: c'est aujourd'hui un peu le calme après la tempête. Mais il ne faut pas s'y fier. L'essentiel des employés font du télétravail et il a fallu réaffecter le personnel et se réorganiser en un temps record.

«Nous avons reçu jusqu'à 1800 demandes de RHT par jour, soit 1500 fois plus que d'habitude», explique jeudi à Keystone-ATS Françoise Favre, cheffe de service. Au début, ces demandes arrivaient par courriers postaux qu'une vingtaine de personnes devaient trier, scanner et envoyer en traitement. Puis dès avril, Vaud a innové avec un formulaire 100% en ligne.

Une entreprise sur quatre

Depuis le début du semi-confinement à la mi-mars, environ une entreprise vaudoise sur quatre a requis le chômage partiel. Le canton a reçu 18'610 demandes d'employeurs pour quelque 112'000 salariés. Le service a traité environ 60% de ces demandes à ce jour.

Pour rappel, le chômage partiel - ou technique - permet aux employés de toucher 80% de leur salaire. Le but est de préserver les emplois, d'éviter les licenciements lorsqu'une entreprise n'a plus d'activité temporairement. La démarche se fait en deux étapes: obtenir une autorisation de principe, puis le versement par la caisse de chômage.

Travail à Pâques

Les procédures, assez complexes, ont été simplifiées. Mais un gros travail reste à accomplir pour les services cantonaux. Les effectifs sont mobilisés à 100%, et travaillent désormais le samedi. «Y compris à Pâques», souligne le conseiller d'Etat Philippe Leuba. «Il a fallu limiter le travail à deux des quatre jours. Certains voulaient travailler plus», explique-t-il.

«Tout le monde est très motivé», confirme Christelle Pythoud, juriste. «On se sent utile à l'économie. Il y a beaucoup d'enthousiasme même si la matière n'est pas évidente».

De deux à 100 personnes

Habituellement, deux personnes s'occupent de l'attribution des RHT. Désormais, ils sont une centaine à s'y consacrer entièrement. Il a fallu former, souvent par vidéoconférence, des collaborateurs d'autres secteurs, dont des Offices régionaux de placement (ORP).

«Derrière les RHT, il y a des salaires. Sans ce travail, des gens ne touchent plus un franc et ne peuvent plus vivre», résume M. Leuba. Mais tout le monde n'y a pas droit. L'indépendant, qui n'est pas salarié de son entreprise, doit par exemple se tourner vers les APG (allocations pour perte de gain).

Contrôles

Dans le canton, rien qu'en avril, quelque 400 millions de francs devraient être distribués au titre des RHT. Avec quels contrôles ? Les caisses de chômage, qui versent l'argent, réclament les fiches de salaire. «Pour l'instant, il y a eu des rectifications, mais pas d'abus», relève Ivana Stano, cheffe de la caisse cantonale.

Ultérieurement, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) pourra mener des contrôles en entreprise.

Pour les services cantonaux, la charge de travail devrait perdurer pendant plusieurs mois encore même si les premiers signes d'un déconfinement s'annoncent. «L'économie ne va pas repartir comme ça», prédit Philippe Leuba. «Le choc économique sera plus durable que le choc sanitaire». Il faudra aussi gérer l'après-crise.

(ats)

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