Jura: Chouettes délogées: «Il est interdit d'y toucher!»

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JuraChouettes délogées: «Il est interdit d'y toucher!»

Trois associations de protection de la nature accusent un entrepreneur d'avoir déraciné un vieil arbre abritant un couple de chevêches qui couvait ses oeufs. Elles ont porté plainte.

par
Vincent Donzé
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Deux oeufs se sont brisés sur le sol le 24 avril dernier.

Deux oeufs se sont brisés sur le sol le 24 avril dernier.

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Selon les voisins, c'est un entrepreneur qui a déraciné un vieil arbre utilisé par un couple de chevêches

Selon les voisins, c'est un entrepreneur qui a déraciné un vieil arbre utilisé par un couple de chevêches

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Sur le territoire communal de Fahy (JU), l'abattage d'une arbre fruitier est strictement réglementé.

Sur le territoire communal de Fahy (JU), l'abattage d'une arbre fruitier est strictement réglementé.

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Lorsqu'un vieil arbre est tombé le 24 avril dernier à Fahy (JU), les regards des voisins se sont tournés vers le propriétaire qui avait laissé sa pelle mécanique sur son terrain. Le courroux des riverains s'expliquait par la présence dans le cerisier d'un couple de chouettes chevêches couvant ses œufs.

Un mois après l'incident, «Le Quotidien Jurassien» rapporte que trois associations de protection de la nature se sont unies pour porter plainte: BirdLife, Pro Natura Jura et la Société des sciences naturelles du pays de Porrentruy, tous partenaires du Collectif Chevêche-Ajoie. Motif: atteinte à l'habitat d'une espèce protégée.

Interdit d'y toucher

Le collectif peine à croire à un acte intentionnel dirigé contre lui ou contre l'oiseau. Mais «quand une espèce menacée a fait son nid, il est interdit d'y toucher», selon François Turrian, coordinateur romand de l'association BirdLife.

Dénoncé il y a deux ans pour une affaire de remblai, l'entrepreneur avait signé une convention prévoyant la coupe d'un des deux cerisiers de sa parcelle, en échange de trois plantations. S'est-il trompé? S'est-il vengé? N'a-t-il rien fait?

Plantation d'un verger

Une plainte pénale a été adressée au Ministère public et une autre administrative occupera l'Office de l'environnement, dont l'enquête a débuté: «Le dossier sera adressé au Ministère Public, qui s'appuiera sur les faits avérés et prouvés pour déterminer l'infraction, le doute bénéficiant toutefois toujours à l'accusé», précise la responsable de la surveillance environnementale, Roxane Didier.

«Selon les versions, on se trouve entre le cas d'un arbre mort qui serait tombé tout seul et un abattage ayant eu pour conséquence la perte du nid et de l'habitat», a rapporté au «QJ» Roxane Didier.

Témoignages

Précision de Roxane Didier: «Nous sommes en train d'instruire un dossier et d'entendre les témoignages des personnes concernée afin définir le déroulement des événements de la manière la plus précise et complète possible.»

Un voisin déçu de ne pas avoir encore été auditionné s'insurge: «Le propriétaire change de version après m'avoir dit qu'il avait abattu l'arbre parce qu'il ne donnait plus de rien, en parlant des fruit.s»

Échange de terrains

Ce qu'exigent les plaignants, c'est la plantation d'un nouveau verger sur la parcelle. La proposition des habitants du quartier et des défenseurs de la nature consiste à procéder à un échange de terrains avec le propriétaire, à sortir cette parcelle de la zone constructible et à associer les plaignants à la gestion de la parcelle.

Le problème, selon un voisin, c'est qu'«on ne peut pas planter un vieil arbre» qui contient des cachettes et sert de garde-manger avec ses insectes. Mais il s'agit pour lui de «faire un exemple» et d'empêcher un propriétaire de couper un vieil arbre avant qu'il ne soit occupé par une espèce protégée.

Vingt nichées en Ajoie

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