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HockeyChris McSorley assume sa part d'ombre

Elevé à la dure au milieu de dix frères et sœurs, l'entraîneur de GE Servette a fait carrière, à coups de poing et de sang, pour ne jamais retourner dans la ferme de son père.

par
Cyrill Pasche
Chris McSorley s'est beaucoup battu pour sortir de l'ombre, sans hésiter à utiliser ses poings.

Chris McSorley s'est beaucoup battu pour sortir de l'ombre, sans hésiter à utiliser ses poings.

Sebastien Anex

Chris McSorley, 52 ans, a mis du temps avant de sortir de l'ombre. Il a dû se battre, toujours. Quitte à utiliser les poings. Le coach et propriétaire de GE Servette, quatrième enfant d'une famille de dix frères et sœurs, revient de loin. Une enfance à la campagne, sans grandes perspectives. Une éducation à la dure, surtout, sous les ordres d'un père ultra-disciplinaire.

«Le moment que je redoutais le plus, c'étaient les vacances scolaires. Au lieu de travailler à la ferme avant et après l'école, j'allais devoir le faire toute la journée. C'est ce qui m'a, plus tard, poussé à trouver un moyen pour ne jamais retourner à cette vie-là. Je n'ai pas appris à nager avant l'âge de 14 ans. Je n'ai jamais vu une piscine durant les étés. A la maison, nous avions trois chaînes de télévision: une qui ne fonctionnait pas, une autre qui était floue, et une dernière qui émettait à peine.»

Prêt à tout

Hockeyeur sans talent, violent et prêt à tout pour réussir, c'est à coups de poing qu'il est arrivé aux portes de la NHL, sans jamais être invité dans le grand show. Ses mains valent plus de 2000 minutes de pénalité. Un bon chrétien, Chris McSorley: «J'ai toujours préféré donner que recevoir.»

Grâce à lui, en une dizaine d'années, Genève est (re)devenue une ville de hockey. La patinoire fait régulièrement le plein. Les gens aiment leur équipe. Et Chris McSorley travaille toujours autant, en assumant sa part d'ombre: «Si tu n'évolues pas, tu te feras doubler sans même t'en rendre compte. Je laisse volontiers ma fierté de côté pour piquer des idées aux autres et les ajouter à mon plan de match. J'aime ce jeu. C'est comme une partie d'échec grandeur nature: il faut essayer de s'emparer de la reine et du roi de ses adversaires.»

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