Foot - Challenge League: Christian Binggeli: «Notre saison tient du miracle»
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Foot - Challenge LeagueChristian Binggeli: «Notre saison tient du miracle»

A deux jours du derby entre Xamax et Servette, le président des Rouge et Noir revient sur la saison de son équipe. Interview.

Christian Binggeli.

Christian Binggeli.

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Xamax reçoit Servette dimanche à la Maladière pour l'une des dernières grandes affiches de la saison de Challenge League. Une saison qui, promotion ou pas, tient «du miracle» pour le président neuchâtelois Christian Binggeli, interrogé par l'ats.

Christian Binggeli, Xamax accuse neuf points de retard sur le leader Zurich à cinq journées du terme de la saison. Pouvez-vous encore viser la promotion? «Mathématiquement, rien n'est joué. Donc oui, j'y crois toujours. Il faut néanmoins reconnaître que cela sera très compliqué, d'autant plus face à un adversaire de la trempe de Zurich.»

Justement, regrettez-vous d'avoir dû lutter cette saison face au puissant FCZ?

«Il est vrai que nous n'avons pas été gâtés. Normalement, avec les points que nous avons accumulés, nous devrions être promus en Super League (réd: Xamax affiche actuellement 66 points en 31 matches, alors que Lausanne avait été promu l'an dernier avec 65 points après 34 journées). Malgré tout, nous n'avons aucune raison de nous montrer déçus. Notre saison tient du miracle.»

Un miracle?

«Oui, c'est assez miraculeux d'avoir pu faire quasiment jeu égal avec notre budget de 3,5 millions de francs alors que Zurich, selon mes informations, bénéficie d'un budget de 17 à 18 millions. Nous ne disposons pas non plus de la même profondeur de banc que Zurich. Et comme nous avons eu plusieurs blessés, il a fallu souvent s'en remettre à nos jeunes. Autant de raisons qui me font affirmer que c'est une saison miracle.»

Vous n'auriez donc aucun regret si vous deviez échouer au poteau?

«Il y aurait bien sûr quelques regrets. Certains matches nous ont fait très mal. Cela a été le cas du nul 1-1 à Zurich (réd: 20e journée), où les décisions arbitrales nous ont été défavorables. Je pense aussi aux défaites à domicile face à Schaffhouse (23e journée) et Wohlen (11e), contre qui nous avons été à côté de nos pompes. Ils sont là, les neuf points de retard sur Zurich...»

Après avoir longtemps affirmé que la Super League était utopique pour Xamax, vous visez aujourd'hui l'élite. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis?

«Ce sont d'abord nos résultats sportifs. Quand j'ai vu que l'équipe marchait si bien, j'ai réalisé qu'on ne pouvait pas se contenter du maintien comme objectif. Les joueurs et le staff ont besoin d'une ligne de conduite ambitieuse.»

Xamax aurait les moyens financiers de régater en Super League?

«Je table sur un budget de 6 à 6,5 millions de francs en cas de promotion, ce qui nous permettrait d'être compétitif. Je rappelle également que la Swiss Football League vient de nous accorder en première instance la licence 2017/2018 en cas d'ascension en Super League, ce qui est très encourageant.»

Et si vous deviez repartir en Challenge League la saison prochaine, quel serait votre budget?

«Entre 3,5 et 3,8 millions. Il n'y aura donc pas de grand chamboulement au niveau des transferts. Plusieurs de nos joueurs arrivent en deuxième année de contrat, et nous allons miser sur la continuité.»

Vous recevez Servette dimanche à la Maladière. Qu'attendez-vous de ce derby?

«Je m'attends à un spectacle de qualité face à l'une des meilleures formations de la saison. Nous avons par ailleurs lancé une opération 'stade plein' et j'espère qu'il y aura au moins 5000 spectateurs.»

Vous avez accueilli une moyenne d'environ 3000 personnes à la Maladière cette saison. Cela vous satisfait-il?

«Au vu de la qualité de jeu proposée, je pense que nous aurions mérité 500 à 1000 personnes de plus par rencontre. Mais je ne vais pas jouer au râleur. Quand je vois ce qu'il se passe dans les autres stades, et par exemple du côté de Lausanne en Super League, je me dis que l'on s'en sort assez bien.»

Outre Zurich, Servette est votre plus sérieux contradicteur cette saison. En sera-t-il de même pour la Challenge League 2017/2018?

«Servette devrait effectivement être un candidat à la promotion dans une année. Mais il faudra aussi surveiller de près Aarau et le Schaffhouse des frères Yakin, qui sera particulièrement ambitieux avec son nouveau stade.»

Derrière les équipes que vous citez, la Challenge League ne va pas bien avec plusieurs clubs aux prises avec des difficultés financières. Trouvez-vous cette ligue suffisamment attractive?

«Il est évident qu'il faut revoir ce championnat, tout comme la Super League d'ailleurs. Ce n'est plus possible d'avoir des clubs qui dominent autant comme Bâle ou Zurich. Cela donne un produit trop fade, alors que les gens veulent désormais de l'enjeu à chaque match.»

Quelles mesures préconisez-vous pour augmenter l'attractivité?

«Il faudrait par exemple revenir à la division des points à mi-championnat. Ou disputer des barrages entre les deux derniers de Super League et les deux premiers de Challenge League. Afin d'attirer davantage de spectateurs, je pense qu'il serait aussi intéressant de disputer des matches le vendredi soir.»

(si)

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