Football: Christian Constantin – «J’avais dit à Gaëtan qu’il nous sauverait»
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FootballChristian Constantin: «J’avais dit à Gaëtan qu’il nous sauverait»

Le boss du FC Sion est passé par tous les états d’âme avant la libération. La veille, il avait misé sur un but de son joker de luxe contre Servette. 

par
Nicolas Jacquier
Christian Constantin, en discussion avec Pascal Besnard, est passé par toutes les émotions.

Christian Constantin, en discussion avec Pascal Besnard, est passé par toutes les émotions.

Pascal Muller/freshfocus

Alors que la perspective d’angoissants barrages se profilait dans la mesure où les Valaisans étaient en train de perdre contre un Servette très expérimental – alignant sa deuxième garniture au coup d’envoi – pendant que Lucerne obtenait la victoire de l’espoir face au champion zurichois (2-3), un homme a changé le destin du club de Tourbillon, revenu de nulle part dimanche en fin de journée pour arracher un point providentiel.

Cet homme, c’est Gaëtan Karlen. Très peu utilisé cette saison, l’attaquant valaisan n’avait marqué qu’un seul but (contre Lugano) avant le derby du Rhône. Il a doublé la mise en inscrivant contre les Grenat le but du maintien à cinq minutes du dénouement.


3-3 final: explosion de joie à Tourbillon. Christian Constantin ne fanfaronne pas, il sait que son équipe a échappé au pire en évitant de justesse les barrages. «Il fallait garder la tête froide, explique-t-il. Ça ne servait à rien de gueuler. Le mérite de la journée, c’est d’être revenu alors qu’on perdait 3-1…»

La veille, le président du FC Sion avait eu une inspiration. «J’ai dit à Gaëtan qu’il nous sauverait.» Avant d’avoir raison, CC avait quitté sa place en tribune pour descendre derrière le banc, non loin de son entraîneur.

Une saison en dents de scie

«Que je joue 90 minutes ou 60 secondes, ce qui compte, c’est que j’aide Sion.»

Gaëtan Karlen, buteur providentiel du FC Sion face à Servette

Le héros, c’est donc Gaëtan Karlen, ravalant sa frustration depuis des mois sur le banc dans le rôle ingrat de remplaçant mais propulsé dimanche dans celui du sauveur. «En tant que Valaisan, c’est évidemment une émotion incroyable, devait-il raconter. J’inscris le but du maintien devant notre kop, à cinq minutes de la fin, qui plus est contre Servette.»

«L’histoire est effectivement belle, même si ce n’est pas la saison que j’avais imaginée au départ. Le président m’a effectivement dit samedi que je marquerais le but du sauvetage, mais je ne pensais pas avoir besoin de le faire. Je me disais qu’on serait sauvé avant. Que je joue 90 minutes ou 60 secondes, ce qui compte, c’est que j’aide Sion.» Trois jours plus tôt, Karlen avait déjà obtenu contre Lausanne le penalty de la victoire dans le premier derby de la semaine (1-2).

Rattrapé par ses démons contre un Servette «B» trahi par son gardien (Omeragic remplaçait Frick) mais n’ayant sinon rien lâché, Sion aura tremblé jusqu’au bout pour éviter les barrages auxquels il avait participé douze mois plus tôt. «On a gagné une semaine, sourit Gaëtan Karlen. C’est la preuve qu’on progresse, même si l’on n’est pas passé loin de la catastrophe.» S’il a marqué, devait-il expliquer, avec des chaussures «de fin de saison trouées et foutues», qu’il s’est empressé d’aller offrir à un fan peu après le coup de sifflet final, Karlen a tenu à conserver son maillot, aussi précieux qu’une relique. «Celui-là, il est trop beau. Je ne peux pas le donner.»

En vacances

Conséquence de cette fin de saison arrachée dans la difficulté. «Pour la première fois, je vais pouvoir partir en vacances avec ma femme à l’Ascension.» Direction la Grèce et le soleil de Santorin. 

Allez, bonnes vacances à tous!

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