Hockey sur glace: Christian Dubé n'a plus le bénéfice du doute

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Hockey sur glaceChristian Dubé n'a plus le bénéfice du doute

En quatre saisons avec Christian Dubé comme directeur sportif, FR Gottéron a manqué les play-off à deux reprises. Son contrat est valable jusqu'en 2023.

par
Cyrill Pasche

Deux participations aux quarts de finale, en 2016 et 2018, deux séries expédiées et bouclées à chaque fois 4-1 par Genève puis Lugano. Deux passages par le tour de classement (2017 et 2019) dont une «finale» des play-out (2017) après avoir terminé avant-dernier de la saison régulière.

Le bilan des quatre premières années de Christian Dubé à la tête de la direction sportive du club est largement insuffisant. Son contrat, qui a été prolongé en août dernier, court encore jusqu'en 2023…

Le Canado-Suisse, dont le rapport qualité-prix semble aujourd'hui disproportionné, brandira sans doute des arguments financiers pour expliquer le manque de résultats des Dragons. Et certainement l'excuse d'un classement serré jusqu'au bout et une issue qui ne s'est finalement jouée qu'à un ou deux points cette année.

L'argent, une excuse facile

De l'argent, Gottéron en a pourtant eu suffisamment pour engager le gardien Reto Berra, les défenseurs Noah Schneeberger et surtout Philippe Furrer ainsi que le joueur de centre surcoté Samuel Walser. Il en a ensuite manqué pour trouver des renforts étrangers qui tiennent la route.

L'argent est certainement une bonne excuse. Elle est facile aussi. Il est certain que le HC Bienne, grâce à son nouveau stade, dispose actuellement de davantage de moyens que Gottéron. Mais le directeur sportif du HCB, Martin Steinegger, a su bâtir une équipe compétitive, moderne, équilibrée, rapide, avant tout en dénichant les bonnes affaires du marché: Diem, Pedretti, Fey, Neuenschwander, Hügli, pour n'en citer que quelques-uns, tous des «nobodies» avant d'arriver dans le Seeland.

Idem à Ambri: le directeur sportif Paolo Duca a eu une longueur d'avance en mettant sous contrat les Zwergler, Müller, Hofer et Kubalik sans pour autant dépenser une fortune. Idem encore à Langnau, ou l'ex directeur sportif Jörg Reber et l'actuel chef technique Marco Bayer ont réalisé des miracles avec trois fois rien (en engageant l'ex-Fribourgeois Glauser, Kuonen, Huguenin,…).

Les directeurs sportifs font la différence

Il est inconcevable que Gottéron, qui reste pourtant une adresse prisée, soit passé à côté de tous ces joueurs. L'argent ne fait pas la différence pour réaliser ce genre de transferts: il est ici question de prospection et de volonté de sortir des sentiers battus (et par conséquent de son bureau).

La plupart des acquisitions de Gottéron au cours des quatre dernières années n'ont pas répondu aux attentes ou ont été des flops. De Ryan Gardner à Samuel Walser en passant par Anton Gustaffson, Matthias Rossi et Noah Schneeberger, sans même parler de tous ces joueurs de soutien qui n'ont tout simplement aucun impact (les frères Forrer, Schmutz, etc). Cette saison par exemple, seul le gardien Reto Berra a été à la hauteur.

Les clubs qui possèdent les meilleurs directeurs sportifs sont aussi ceux qui ont le plus progressé ces dernières années. Si FR Gottéron veut s'entêter à remettre son avenir sportif entre les mains de Dubé jusqu'en 2023 au moins, il doit impérativement développer un secteur crucial qui a été complètement négligé jusqu'ici: le scouting.

A défaut de se rendre en personne dans les patinoires du pays, il faut au moins avoir des yeux compétents dispersés un peu partout - et avant tout en Swiss League - pour trouver des renforts, souvent à moindre frais, qui seront capables de véritablement jouer un rôle sous le maillot des Dragons et de faire jouer la concurrence au sein d'un effectif qui en manque cruellement.

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