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Patrimoine«Christian Varone aurait dû le savoir»

Le patron du Tourisme et de la Culture d'Antalya met en cause le comportement du commandant de la police valaisanne.

par
Burcin Gercek
Istanbul
Selon les experts turcs, la pièce retrouvée dans les bagages de Christian Varone provenait d'une tête de colonne d'époque romaine.

Selon les experts turcs, la pièce retrouvée dans les bagages de Christian Varone provenait d'une tête de colonne d'époque romaine.

Keystone

«Nous sommes aussi désolés de ce qui est arrivé à Christian Varone. Mais je pense qu'il aurait dû connaître les règles à ce sujet. Il n'est pas un homme ordinaire, il est chef de la police.» Ibrahim Acar, qui est à la tête de la Direction du tourisme et de la culture d'Antalya, donne son sentiment concernant l'arrestation du commandant de la police valaisanne. Le musée d'Antalya, qui a effectué l'expertise sur la fameuse pierre qui a failli coûter cher à Christian Varone, dépend de sa direction. «Les experts ont immédiatement vu que la pièce provenait d'une tête de colonne. C'était une pierre travaillée, ayant des ornements propres à l'époque romaine», raconte-t-il. Impossible pourtant de voir sa photo, «la procédure judiciaire étant toujours en cours». Christian Varone est en effet seulement libéré, mais son jugement continue.

«Les agences de voyages et les guides connaissent très bien la législation en Turquie et informent les touristes. Les panneaux sur les sites archéologiques indiquent qu'il est strictement interdit de sortir un bien historique ou culturel du territoire. Malgré tous ces efforts d'information, il y a de temps en temps des touristes qui ont des mésaventures», affirme Ibrahim Acar. Parmi ceux-là, un Français est resté un mois en détention en 2003 pour avoir acheté un fossile d'oursin. Il risquait une peine de 5 à 12?ans de prison.

Mais pourquoi une législation aussi sévère, qui sanctionne souvent un touriste qui veut simplement emmener chez lui un souvenir? «Dans le passé, des centaines de biens historiques ont été volées à la Turquie et emmenés à l'étranger. C'était avant l'adoption de la loi sur le patrimoine naturel et culturel en 1983. Les autorités de l'époque étaient très critiquées parce qu'il n'y avait pas de protection efficace», raconte Ibrahim Acar. «La moitié de la collection actuelle du Musée d'Antalya est constituée des pièces volées et très difficilement récupérées. Nous mettons des années pour récupérer un morceau emmené de manière illégale dans un autre pays. La dernière en date de ces efforts a été pour ramener la statue d'«Hercule fatigué» qui était depuis 31?ans aux Etats-Unis.»

Le directeur explique que les trafiquants de biens culturels choisissent parfois de les acheminer à l'étranger sous forme de petites pièces. «Une fois toutes les pièces arrivées à destination, ils restituent l'œuvre originale», affirme-t-il. D'où l'attention particulière apportée par les douaniers aux petits morceaux de pierre se trouvant dans les valises. ?

Varone s'expliquera à titre privé

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