Actualisé 21.12.2017 à 06:45

RencontreChristophe Dechavanne: «Je suis à l'aise avec les gens»

Homme de télévision, il est aussi le producteur d’«Âge tendre», dont les icônes seront à Genève le 25 janvier 2018.

par
Laurent Flückiger
«Deux personnes ont guidé deux parties de ma vie très importantes: Coluche et Ayrton Senna.»

«Deux personnes ont guidé deux parties de ma vie très importantes: Coluche et Ayrton Senna.»

Jean-Philippe Baltel

Il est l’un des rois de la télévision française. Agaçant pour certains, génie du direct pour d’autres. «Ciel, mon mardi», «Coucou c’est nous!»: c’est lui. Mais aussi «La ferme célébrités», les nouvelles versions de «La roue de la fortune» et d’«Une famille en or». À bientôt 60 ans et trente ans de carrière, Christophe Dechavanne a connu des hauts et des bas. En ce moment, il est en première ligne avec son jeu «The Wall», carton du printemps dernier (qui revient sur TF1 le 25 décembre), et des projets qui intéressent de nouveau les patrons de chaînes. Christophe Dechavanne, c’est aussi et désormais «Âge tendre», ces soirées qui font revenir sur scène les idoles des années 1960-1970 et dont il a relancé le concept en 2016 en tant que producteur. Alors que la tournée s’arrête à Genève le 25 janvier 2018, il a décroché son téléphone. «Coucou Christophe!»

Comment en êtes-vous arrivé à produire «Âge tendre»?

J’ai rencontré il y a deux ans et demi un garçon avec lequel j’avais bossé il y a vingt ans, qui a racheté la marque au tribunal du commerce. Il n’avait pas de producteur et, après vingt minutes durant lesquelles il m’a bien vendu l’affaire, je l’ai achetée. C’est beaucoup plus difficile que je l’imaginais et très risqué financièrement, mais c’est génial. Artistiquement et humainement, c’est un kif total! Les artistes se donnent beaucoup de mal et les spectateurs sont ravis. Je suis le producteur de la seule tournée pour les plus de 50 ans. Si on veut qu’elle perdure, ce n’est pas compliqué, il faut venir nombreux.

Il y a Sheila, Dave, Nicoletta… C’est vous qui choisissez les artistes?

C’est collégial, avec les équipes artistiques. Ce n’est pas un gala mais un vrai spectacle, avec une mise en scène, des lumières. On met les moyens et tout le monde y jette toutes ses forces; c’est très réussi et je suis très content.

Il y a un Suisse au programme: Patrick Juvet. Que vous évoque-t-il?

C’est le chanteur à midinettes qui, à l’époque, faisait se déplacer des milliers de filles, le beau gosse qui interprétait «I Love America» et «Où sont les femmes?» deux énormes tubes que les gens vont pouvoir réécouter le 25 janvier.

Quelle chanson de ces idoles trotte encore dans votre tête?

Lundi, j’étais invité à «TPMP», où Richard Dewitte a chanté «J’ai encore rêvé d’elle»; ça m’a fait basculer quarante ans en arrière. Il est clair que ce spectacle est un vrai déclencheur de nostalgie positive.

Qui sont vos idoles hors tournée?

Deux personnes ont guidé deux parties de ma vie très importantes: Coluche et Ayrton Senna. L’une dans mon métier et l’autre sur la course, puisque j’ai été pilote pendant plus de quinze ans, avec un petit palmarès. Je crois avoir demandé un seul autographe dans ma vie, c’était à Coluche, j’avais 17 ans.

Le 25 décembre, le jeu «The Wall» est enfin de retour sur TF1. Avec la même formule?

Oui, sauf qu’il y a deux ou trois minutes de plus. Je suis content, ça nous permettra d’axer davantage sur l’humeur des candidats. Pour ceux qui ne m’aiment pas: le 25 décembre, il faut éviter TF1 à 18 h 30 et C8 à 21 h. Il y aura le retour de «The Wall» puis, le soir, je produis et je fais une apparition dans «La croisière des idoles».

«The Wall» étant un gros succès, y a-t-il d’autres projets en cours? Comme un talk-show en direct, par exemple?

J’aimerais bien. Je travaille d’arrache-pied à une nouvelle forme de talk-show. Mais l’important, ce n’est pas forcément le direct, ce sont les interlocuteurs, les anonymes notamment. Je suis à l’aise avec les gens, c’est la raison pour laquelle je me démerde bien dans les jeux.

En trente ans de carrière, vous avez connu des hauts et des bas. C’est un milieu violent, la télévision?

Ce n’est pas plus violent qu’avant ni qu’ailleurs, c’est juste que c’est une loupe. Oui, c’est un métier de plus en plus difficile parce qu’il y a des problèmes d’argent, des problèmes moraux, de la peur, une société de plus en plus fermée. Mais violent… On n’est pas dans une entreprise où on te dit «tu dégages!» du jour au lendemain. On est tous passés par des hauts et des bas. Moi, je suis un spécialiste et il faut l’accepter.

Est-ce que vous allez produire d’autres spectacles?

Je n’en sais rien. Pour l’instant, financièrement, c’est complexe et il faut que les gens viennent pour que la tournée perdure. Je ne pourrai pas faire du mécénat deux ans de suite. D’ailleurs, cette deuxième année est censée pallier la première, qui était compliquée. Effectivement, je n’avais pas encore cette casquette de producteur de spectacles. Maintenant que je l’ai, je n’ai pas à en avoir honte.

Et monter vous-même sur scène, pour un one-man-show?

Ça viendra peut-être avec l’âge. Je n’ai pas encore osé. Et puis ils l’ont tous fait. J’aurais dû le faire en premier. Maintenant que j’ai loupé le coche, je le ferai en dernier.

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