Actualisé 25.10.2019 à 09:46

Christophe Maé: «Je fais de la musique pour la scène»

Interview

Le chanteur sort l’album «La vie d'artiste» et sera à Genève en mars. On retrouve sur ce disque plusieurs inspirations et invités, dont ses enfants. Même si l'aîné préfère le hip-hop.

par
Lematin.ch

Le chanteur sort son 7e album studio le 25 octobre 2019.

Aucun doute pour Christophe Maé, «La vie d'artiste» est son album «le plus autobiographique.» «Plus ça va, et plus j'arrive à écrire exactement ce que je ressens», nous dit-il lové dans un canapé d'un hôtel lausannois. Celui qui a pris trois ans pour sortir ce 7e disque studio précise quand même que le plus dur a été d'être loin de la maison. «Aix-en-Provence et ma famille me manquent, mais c'est le métier que j'ai choisi. Il n'y a pas que du rose.»

Malgré ce point négatif, le créateur de 44 ans rebondit rapidement pour souligner que la vie d'artiste a aussi de très bons côtés, dont la scène. Il sera d'ailleurs le 31 mars 2020 à l'Arena de Genève. «Je m'améliore et je progresse constamment. Je suis un hyper-actif et une personnalité assez complexe. J'ai besoin qu'il se passe des choses pour me sentir bien. Dans tous les cas, je suis conscient d'une chose c'est que je fais partie de quelques privilégiés qui ont la chance de grandir avec leur public et ça, ça n'a pas de prix.»

Cet album, «La vie d'artiste», est une célébration de toutes les personnes que vous avez croisées?

C'est vrai que c'est un disque où je suis plus tourné vers les autres. Lorsqu'on l'écoute, je crois que c'est quelque chose qui m'a fait du bien, mais ce n'est pas réfléchi. Quand je choisis un thème, c'est assez spontané. Je compose de manière viscérale. Par exemple, pour revenir sur le morceau «Les Gens», il est sur la continuité de «Il est où le bonheur?». Sur ce single, j'étais plus centré sur moi. Mais ce thème assez personnel est devenu universel. Et là, pour le coup, c'est plus altruiste. De ma fenêtre, je raconte ce que je vois.

Vous ne vous fixez pas de délai pour la création de morceaux?

Le luxe que j'ai aujourd'hui, c'est que je n'ai pas de pression de la maison disque. Je peux prendre mon temps, c'est important. Tant que je ne suis pas content, je ne fais rien écouter. Mon rythme est un album tous les trois ans. Je pars un an et demi en tournée, je fais énormément de concerts. Si je fais de la musique, c'est avant tout pour être sur scène.

Qu'avez-vous fait exactement durant ces trois dernières années?

Quand je me suis arrêté après la tournée, c'était le trop vide après le trop plein. Je me retrouve chez moi, à écrire et à composer, et c'était pas fameux tout le temps. La solitude prend le dessus parfois. Après ma grosse série de concerts, j'ai eu l'opportunité d'aller aux États-Unis pour faire 20 dates. J'ai pris la route, jusqu'au Canada. J'ai vraiment vécu la vie de saltimbanque pour le coup et écrit cet album en mouvement. Puis je me suis posé les six derniers mois chez moi, pour mettre tout ça en forme.

Dès le premier titre, «A nos amours», on tombe dans l'ambiance direct! Il y a du jazz, des trompettes. Vous revenez un peu aux sources?

Cet album est nourri de toutes mes rencontres musicales. Je suis un grand fan de jazz. J'ai rappelé des gars qui jouaient avec moi sur la tournée New Orleans. On entend un trompettiste, un saxophoniste, une violoniste jazz, un chanteur cubain, un autre africain, des polyphonies corses... C'est ma variété française nourrie de musique du monde. Je démarre le disque avec «A nos amours» et lève mon verre à toutes ces personnes que j'ai pu croiser qui font qui je suis aujourd'hui. On se construit par rapport à nos rencontres.

On entend aussi vos enfants sur «La plus jolies des fées».

Exact! Je ne leur ai pas laissé le choix. (Rires.)C'était une évidence de les kidnapper et de les faire chanter sur cet hymne pour les mamans. C'est le dernier titre que j'ai écrit sur la dernière semaine de studio. Un matin, je me suis levé, il y a Richard Bona qui allait arriver et je lui ai proposé ce morceau qu'il a adoré. Puis de faire chanter mes fils, ça tombait sous le sens. J'ai eu un peu plus de mal à convaincre le plus grand car il écoute beaucoup de hip-hop. (Rires.)

En parlant de hip-hop, vous avez toujours eu une manière de parler-chanter, mais sur certains titres de cet album on l'entend plus que d'habitude, non?

Plus ça va, moins je chante. Je déchante. Il y a quelque chose qui touche, qui est plus immédiat lorsqu'il n'y a pas de mélodies. C'est vrai que j'ai beaucoup écouté de la chanson française dernièrement comme Jacques Brel et Francis Cabrel. J'ai 40 ans passé et j'ai grandi avec ces gens là, et ça me fait du bien d'essayer de suivre leurs traces.

Fabio Dell'Anna

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