Football - Christopher Routis: «Le physio essaie de me calmer»
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FootballChristopher Routis: «Le physio essaie de me calmer»

Sur la touche depuis cet été, le défenseur du Stade Lausanne-Ouchy raconte sa convalescence et commente le bon début de saison du SLO avant le match à Wil ce samedi (18 h). Interview.

par
Jérémy Santallo
Christopher Routis au mois de mai dernier.

Christopher Routis au mois de mai dernier.

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Christopher, la première question tombe sous le sens: comment allez-vous?

Ça va bien, merci. Je suis un protocole qui est assez compliqué à gérer pour la tête. Je n’ai plus de douleurs mais je ne peux presque rien faire pour l’heure. Depuis ma blessure (ndlr: fin juillet), j’ai surtout dû laisser le temps au cartilage de mon genou de se réparer. J’ai été immobilisé avec des béquilles pendant six semaines et là, je suis entré dans la deuxième phase. J’ai un vélo à la maison pour pouvoir en faire régulièrement, et je fais de la piscine aussi quasi tous les jours. Je vais ensuite attaquer en salle pour me remettre en forme, avec du travail de force, surtout sur le bas du corps pour me remuscler, même si j’ai peu perdu. Je n’ai pas subi d’opération donc il n’y a pas un écart important entre mes deux jambes. Les physios me disent que je vais peut-être gagner du temps grâce à ça par la suite. Mais depuis cet été, j’ai avant tout dû être patient.

Le communiqué du club, le 1er août, évoquait un choc à l’entraînement. Racontez-nous…

C’était un début de semaine, après le premier match de la saison. Il restait trois minutes d’entraînement et dans un duel, j’ai senti le genou trembler un peu avant de tomber. En me relevant, j’ai perdu l’équilibre et senti une immense pointe. La douleur s’est estompée au bout de quelques jours et on a d’abord pensé à un coup. Mais j’avais un bout de cartilage qui s’était décollé du plateau tibial. Il était dans mon genou. On aurait pu l’opérer mais c’était un bout de 6 millimètres, donc on m’a dit que cela pouvait se résorber ou se placer dans les tissus. Au début, je le sentais, et cela me procurait des douleurs. Aujourd’hui, ça va mieux. Et si ça revient, je peux toujours faire une arthroscopie.

On se trompe, ou c’est la première fois que vous êtes sur la touche aussi longtemps?

Oui, c’est vrai. Ma plus longue blessure jusqu’ici, c’était 3-4 mois. J’avais dû être opéré après avoir été touché au ménisque de l’autre genou lors de mon dernier match en Angleterre. Mais cela ne me fait pas peur. Le physio essaie de me calmer, car dès que je vais avoir le feu vert pour courir, je vais être tout le temps dehors (rires). Je suis quelqu’un qui a besoin de travailler le cardio, plus que la force. À chaque fois que j’ai eu des blessures, même si elles étaient moins longues, je suis revenu plus en forme, plus fort. J’espère que ce sera encore le cas. Je connais des joueurs qui ont eu la même blessure et qui n’ont plus de soucis aujourd’hui.

Comment reste-t-on impliqué dans la vie de groupe dans votre situation?

J’habite Genève, donc je fais ma rééducation à l’Hôpital de La Tour, en accord avec le club. Je vois quand même l’équipe deux fois par semaine, le lundi et le lendemain des rencontres. J’assiste aussi aux matches à domicile. Il arrive parfois que l’entraîneur me donne la parole devant le groupe. J’apporte alors ma vision des choses et souvent, Meho (Kodro) est d’accord avec moi. Car j’essaie de ne pas dire trop de bêtises (rires). D’ailleurs, j’ai poussé un petit coup de gueule il y a quelques semaines. Je trouvais que l’on manquait de communication sur le terrain. Un défenseur, qu’il ait 18 ou 30 ans, il doit parler. Être un meneur, un patron. J’essaie d’apporter ma touche, en donnant des conseils sur la base de mon expérience, mais aussi d’amener de la joie, le temps où je suis là. J’aime chambrer et c’est vrai que la vie de vestiaire me manque un peu.

Votre équipe est 5e à 3 points du leader Xamax avant la fin du 1er tour pour vous samedi, à Wil (18 h). C’est bien parti…

On fait un bon début de championnat, même si je trouve que l’on prend encore trop de buts (rires). J’en parle souvent dans le vestiaire pour blaguer. Partout où j’ai joué, j’ai toujours voulu avoir la meilleure défense. L’an dernier, on l’avait fait avec 39 buts, soit deux de moins que lors de mon ascension avec Servette. Pour un club comme le SLO, c’est exceptionnel. Mais l’important, c’est d’être dans le coup. D’autant plus que l’on a eu pas mal de joueurs cadres blessés avec Abdullah, Laugeois et Rüfli. Malgré ça, on est là. Je leur dis souvent en rigolant: rester en dessous de la barre des 10 points à Noël et ensuite on fera le travail.

Dans votre tête, quand imaginez-vous revenir à la compétition?

J’ai 31 ans, je veux revenir le plus vite possible. D’après le médecin, c’était 5 à 6 mois avant de pouvoir jouer. Je veux être à nouveau convocable durant le mois de décembre et pourquoi pas grappiller quelques minutes. Le but, c’est d’être à nouveau considéré comme un joueur «normal» après la trêve hivernale. J’ai toujours dit que je serais absent 5 mois, voire moins. C’est mon objectif.

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