Éditorial - Chronique d’un certificat hélas annoncé
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ÉditorialChronique d’un certificat hélas annoncé

L’évolution de l’épidémie semble obéir le plus souvent à la loi de Murphy. À quoi faut-il encore s’attendre?

par
Eric Felley
Pour les conseillers fédéraux Alain Berset et Guy Parmelin, l’évolution de l’épidémie Covid-19 sonne comme une longue suite de déceptions.

Pour les conseillers fédéraux Alain Berset et Guy Parmelin, l’évolution de l’épidémie Covid-19 sonne comme une longue suite de déceptions.

AFP

À chaque étape de cette pandémie, on peut dire que la loi de Murphy s’est régulièrement appliquée en Suisse: tout ce qui est susceptible de mal tourner, finit par mal tourner. L’extension du certificat Covid-19 fait partie de cette suite d’événements désespérants depuis le début des ennuis au printemps 2020. Au mois de mars dernier, quand le Parlement a intégré le certificat dans la loi Covid, son utilisation n’était qu’une très lointaine hypothèse dans le discours des autorités fédérales. Ce n’était qu’une simple précaution, au cas où cela tournerait mal.

«Pas de gaieté de cœur»

Dans les scénarios avancés, ces mêmes autorités annonçaient plutôt la fin de la pandémie et un retour à une vie normale à l’automne. Mais, il y a toujours eu un «mais», celui du variant Delta qui s’est propagé bien plus facilement qu’on ne l’aurait pensé. Et ce qui a mal tourné aussi, c’est le rythme de la vaccination. Aujourd’hui, en touchant des personnes plus jeunes et non vaccinées, l’épidémie a changé de victimes. La pression sur les soins intensifs oblige le Conseil fédéral à utiliser cette mesure de dernier recours, «pas de gaieté de cœur», comme l’a dit le président Guy Parmelin mercredi dernier.

Cependant, bien d’autres pays en Europe ont étendu l’usage du certificat avant la Suisse. La France a fait figure de pionnière avec l’annonce d’Emmanuel Macron le 12 juillet. Durant l’été, le Danemark, la Hongrie, l’Autriche, le Portugal ou l’Italie ont fait de même. En agissant ainsi, les populations ont été poussées à la vaccination. Partout, l’objectif est d’éviter d’avoir à refermer des secteurs économiques ou imposer de nouvelles périodes de confinement.

Jusqu’au 24 janvier?

À partir d’aujourd’hui, selon le principe de Murphy, qu’est-ce qui pourrait encore mal tourner? Le Conseil fédéral a annoncé l’extension du certificat Covid-19 jusqu’au 24 janvier (moins longtemps si la situation s’améliore). La plus grande crainte est de voir l’émergence d’un nouveau variant contre lequel la vaccination actuelle ne serait plus efficace. La seconde, plus probable, serait l’affaiblissement de la couverture vaccinale. À moyen terme, tout le monde devrait passer par une troisième piqûre pour faire revalider son certificat. Ce qui devrait alors repousser son usage au-delà du 24 janvier. Peut-être… Car la loi de Murphy, elle aussi, n’est pas infaillible.

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