Moutier - Chute mortelle d’un ouvrier: le patron et le chef de chantier condamnés
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MoutierChute mortelle d’un ouvrier: le patron et le chef de chantier condamnés

Un homme avait perdu la vie sur un chantier en 2017 après être tombé d’un échafaudage. Des manquements dans la sécurité de la structure ont été révélés.

par
Vincent Donzé
Selon le scénario le plus plausible, l’ouvrier a trébuché avant de s’accrocher au garde-corps du dernier étage d’un échafaudage. En se rattrapant, il a exercé une force qui a ouvert la barrière. Il s’est retrouvé suspendu et le dernier étage s’est désolidarisé de la façade.

Selon le scénario le plus plausible, l’ouvrier a trébuché avant de s’accrocher au garde-corps du dernier étage d’un échafaudage. En se rattrapant, il a exercé une force qui a ouvert la barrière. Il s’est retrouvé suspendu et le dernier étage s’est désolidarisé de la façade.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Suite à la chute mortelle d’un ouvrier du haut d’un échafaudage, un patron et un chef de chantier ont été reconnus coupables d’homicide par négligence, vendredi dernier à Moutier. Au moment de l’accident survenu en 2017, ils n’étaient que deux sur le chantier. L’ouvrier de 47 ans est tombé d’une hauteur de 12 mètres alors qu’il réceptionnait du matériel du haut de six étages, sur le toit d’une usine.

Passant du toit à l’échafaudage, l’ouvrier s’est vraisemblablement encoublé. Il s’est tenu d’une seule main au garde-corps, avant de voir la partie supérieure de l’installation se désolidariser de l’ensemble.

Les experts n’ont pu émettre que des hypothèses, notamment sur la façon dont s’est ouverte la barrière du pont supérieur, à travers laquelle l’ouvrier a été projeté. Mais il manquait assurément des linguets, sorte de clips qui maintiennent les garde-corps fermés, comme l’a mentionné «Le Quotidien Jurassien».

Manquements

Le Tribunal régional Jura bernois-Seeland a relevé des manquements dans la sécurité de la structure. Dans l’acte d’accusation du Ministère public, la liste des omissions lors du montage de l’échafaudage mentionne l’absence de garde-corps, de goupilles et de protection contre les chutes. Des échelles ont été fixées non pas avec des pièces d’origine, mais à l’aide de fils de fer.

Les investigations ont montré que des plinthes manquaient et que le haut de cette structure étroite n’avait pas été fixé contre la façade du bâtiment.

Tort moral

Le patron écope de 100 jours-amendes à 230 francs avec un sursis de deux ans. Le responsable du chantier n’écope d’aucune peine, le décès survenu sous ses yeux l’ayant traumatisé.

Les deux coupables se partageront les frais de procédure et les dommages et intérêts. Le tort moral à verser aux trois enfants du défunt s’élève à 51 000 francs, pour une facture totale de 85 000 francs. «Cet accident aurait pu être évité. On ne peut lésiner sur la sécurité», a conclu la présidente du tribunal, citée par «Le Journal du Jura». Cette double condamnation peut faire l’objet d’un recours.

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