Turquie: Cinq arrestations après l'attentat

Publié

TurquieCinq arrestations après l'attentat

Alors que dix Allemands ont perdu la vie mardi à Istanbul, cinq hommes ont été interpellés mercredi en lien avec cette explosion.

1 / 34
La police turque a arrêté mercredi à Antalya trois membres présumés du groupe Etat islamique (EI), au lendemain d'un attentat suicide attribué au mouvement djihadiste qui a tué dix personnes dans le coeur touristique d'Istanbul. Les trois suspects sont des Russes. (Mercredi 13 janvier 2016)

La police turque a arrêté mercredi à Antalya trois membres présumés du groupe Etat islamique (EI), au lendemain d'un attentat suicide attribué au mouvement djihadiste qui a tué dix personnes dans le coeur touristique d'Istanbul. Les trois suspects sont des Russes. (Mercredi 13 janvier 2016)

Reuters
La police scientifique est sur place pour collecter les premiers éléments de l'enquête. Pour l'heure, le pouvoir turc affirme déjà que l'attentat-suicide est l'œuvre d'un djihadiste venu de Syrie né en 1988. (mardi 12 janvier 2016).

La police scientifique est sur place pour collecter les premiers éléments de l'enquête. Pour l'heure, le pouvoir turc affirme déjà que l'attentat-suicide est l'œuvre d'un djihadiste venu de Syrie né en 1988. (mardi 12 janvier 2016).

AFP
Après l'attaque survenue ce matin vers 9h15 en plein cœur de l'Istanbul touristique et qui a fait au moins 10 morts dont 9 Allemands et 15 blessés dont 2 grave (bilan provisoire à 16h30), certains touristes plient bagage. (mardi 12 janvier 2016)

Après l'attaque survenue ce matin vers 9h15 en plein cœur de l'Istanbul touristique et qui a fait au moins 10 morts dont 9 Allemands et 15 blessés dont 2 grave (bilan provisoire à 16h30), certains touristes plient bagage. (mardi 12 janvier 2016)

Reuters

La police turque a arrêté cinq personnes en liaison avec l'attentat-suicide la veille à Istanbul, attribué au groupe Etat islamique (EI). Visant pour la première fois des étrangers en Turquie, il a provoqué la mort de dix Allemands.

Le ministre allemand de l'intérieur, Thomas de Maizière, qui s'est rendu à Istanbul, a cependant déclaré qu'il n'existait pour l'heure «aucune indication» suggérant que l'Allemagne était spécifiquement visée par le kamikaze. «Je ne vois aucune raison de renoncer à des voyages en Turquie», a-t-il ajouté.

Dix-sept personnes ont également été blessées, dont onze étaient toujours hospitalisés mercredi, a de son côté déclaré le ministre turc de l'Intérieur Efkan Ala. Il a précisé que deux d'entre elles, également des Allemands, étaient dans un état jugé sérieux.

Coups de filet

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annoncé en fin de journée que la police avait arrêté quatre nouvelles personnes en lien avec l'attentat. Un premier suspect avait déjà été arrêté mardi soir dans cette affaire. Les autorités n'ont pas donné d'autres informations sur le rôle présumé ou l'identité de ces cinq personnes.

Dans la foulée de l'attentat, la police turque a en outre poursuivi mercredi ses coups de filet dans les milieux djihadistes, apparemment sans lien immédiat avec les événements d'Istanbul. Elle a arrêté mercredi neuf personnes, dont trois ressortissants russes, à Antalya et Mersin, selon l'agence de presse Dogan. Mardi, 65 militants présumés de l'EI avaient déjà été arrêtés en Turquie.

A l'immigration

L'attaque de mardi n'a pas été revendiquée. Elle a été perpétrée par un Syrien âgé de 28 ans entré quelques jours auparavant sur le sol turc en provenance de Syrie et présenté comme un membre de l'EI. Des images de télésurveillance montrant le kamikaze le 5 janvier à un bureau stambouliote des services de l'immigration ont été publiées par le journal en ligne Haberturk.

Selon la presse, l'homme, natif d'Arabie saoudite, se nommait Nabil Fadli. C'est un doigt retrouvé sur les lieux de l'attentat, place Sultanhamet, non loin de la Mosquée bleue et de la basilique Sainte-Sophie, qui a permis son identification, précise-t-elle. Il a pu être rapidement identifié grâce à ses empreintes digitales enregistrées par les services d'immigration.

Il ne figurait pas sur la liste des individus recherchés, ni sur celles qui nous ont été fournies par d'autres pays», a-t-il déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient sur le sujet.

Le coeur historique

L'homme a actionné sa charge explosive mardi matin dans le coeur historique d'Istanbul, sur l'ancien hippodrome bordant la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue. Ces lieux sont visités chaque année par des millions de touristes étrangers.

La guide qui accompagnait le groupe de touristes allemands visé a raconté dans le quotidien à grand tirage Hürriyet les derniers instants qui ont précédé l'attentat. Elle-même blessée à la jambe, Sibel Satiroglu a expliqué qu'elle était en train de donner des explications à ses clients lorsqu'elle a entendu un déclic.

«Sauvez-vous»

«Le son m'a paru suspect et je me suis aperçue qu'un jeune homme avait rejoint le groupe», a-t-elle dit. «J'ai vu qu'il sortait un objet ressemblant à un engin explosif, alors j'ai crié à mes touristes: sauvez-vous! et tout le monde a commencé à fuir».

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a rendu visite aux blessés mercredi, puis s'est recueilli avec M. de Maizière sur les lieux de l'attentat et a déposé des oeillets rouges au pied de l'obélisque où l'explosion s'est produite. Dans la matinée, la police avait levé ses cordons de sécurité et rendu la place aux touristes.

Ambiguïtés d'Erdogan

La presse indépendante turque a largement attribué mercredi l'attentat de mardi aux ambiguïtés de la politique du président Recep Tayyip Erdogan vis-à-vis des djihadistes. «Nous sommes comme assis sur une bombe à retardement et la seule raison de cette situation est cette tolérance obsessionnelle accordée aux groupes djihadistes», a commenté dans Hürriyet l'éditorialiste Mehmet Yilmaz.

La Turquie, membre de l'Otan et candidate à l'adhésion à l'Union européenne, fait partie comme l'Allemagne de la coalition mise sur pied à l'initiative des Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l'EI en Irak et en Syrie.

Entré comme un migrant

L'auteur de l'attentat suicide qui a coûté la vie à 10 touristes allemands mardi dans le coeur historique d'Istanbul, est entré en Turquie «comme un simple migrant» depuis la Syrie, a rapporté mercredi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. «Cet individu n'était pas sous contrôle et n'était donc pas poursuivi. Il est entré en Turquie comme un simple migrant», a déclaré M. Davutoglu devant la presse, à l'issue d'une réunion de sécurité à Istanbul.

(ats)

Ton opinion