Football: Cinq changements, qu'est-ce que ça change?
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FootballCinq changements, qu'est-ce que ça change?

Avec l'enchaînement des rencontres jusqu'au 2 août, les coaches de Super League auront droit à deux rocades supplémentaires.

par
Sport-Center
Pour l’entraîneur de Xamax Joël Magnin, un changement de joueur «cela reste aléatoire».

Pour l’entraîneur de Xamax Joël Magnin, un changement de joueur «cela reste aléatoire».

Keystone

C’est nouveau, ça vient de sortir. Ou plutôt d’entrer en vigueur suite à la crise du Covid 19. Alors que les matches vont s’enchaîner à un rythme effréné de semaines anglaises jusqu’au 2 août, les coaches de Super League auront la possibilité d’opérer deux rocades supplémentaires. Cinq changements au lieu de trois, qu’est-ce que ça change?

Alain Geiger. (Photo: Lafargue)

Alain Geiger. (Photo: Lafargue)

«Bien gérer les changements pourra amener un plus, se convainc Alain Geiger, l’entraîneur du Servette FC. Si c’est surtout utile pour préserver l’intégrité physique des joueurs, fortement sollicités par un calendrier surchargé, tactiquement il y aura aussi des opportunités à saisir.» Le Valaisan de la Praille se souvient que la saison dernière en Challenge League, où quatre rotations sont autorisées, les Grenat avaient souvent passé l’épaule après la 70e minute, en recourant à des renforts.

André Ribeiro. (Photo: Laurent Guiraud)

André Ribeiro. (Photo: Laurent Guiraud)

Souvent utilisé comme joker au FC Saint-Gall, avant l’interruption il y a quatre mois dûe à la crise sanitaire, André Ribeiro est motivé à l’idée de pouvoir faire la différence en fin de match, exploitant cette règle qui permet aux techniciens d’utiliser davantage de cartouches: «Pour nous les joueurs et pour l’équipe c’est un plus, admet le jeune Genevois du Kybunpark. Comme on va avoir beaucoup de matches à jouer en peu de temps, il y a aura forcément de la fatigue voire des blessures, c’est donc bien qu’on puisse tous apporter quelque chose à l’équipe.»

Plus grande marge de manoeuvre

Faire tourner le groupe et donner un maximum de minutes à son effectif, c’est la méthode que compte bien appliquer Giorgio Contini avec son Lausanne-Sport en route pour la promotion dans l’élite du football suisse. «Même si en Challenge League, cela ne fait qu’un changement de plus qu’avant, ce sera la possibilité pour moi de créer une dynamique à l’équipe en alignant tout le contingent, notamment les jeunes, tout en reposant quelques joueurs au repos. Les gars fatigués ou pas forcément à 100% pourront par exemple se donner à fond en une mi-temps puis sortir tout en gardant la fluidité du jeu avec deux ou trois changements à la pause par exemple.»

Joël Magnin. (Photo: Lafargue)

Joël Magnin. (Photo: Lafargue)

Si avec quinze points d’avance sur Vaduz et Grasshopper, le technicien de la Pontaise va pouvoir jouer sur du velours, la donne est différente pour Joël Magnin à la Maladière. «Ça va être violent», prédit de son côté le coach de Xamax, dans cette lutte acharnée contre la relégation. «Tactiquement, on va avoir plus de choix à disposition en préparant des plans A, B ou C même s’il faudra toujours décider à l’instant, instinctivement, soit en prenant des risques ou rester prudent.» Or le coach neuchâtelois ne va pas forcément modifier la moitié de son équipe en cours de match. «Car cela peut perturber l’adversaire mais aussi déstabiliser son propre jeu.» Pour l’ancien attaquant, un changement de joueur, «cela reste aléatoire».

Yves Débonnaire. (Photo: Keystone)

Yves Débonnaire. (Photo: Keystone)

Chef de la formation des entraîneurs en Suisse, Yves Débonnaire est, lui, persuadé qu’il faudra encore «un peu de temps et d’expérience» pour juger exactement ce que ces deux substitutions en plus vont modifier dans les habitudes des coaches. «C’est surtout une nouvelle règle inventée pour la santé des joueurs mais je ne suis pas convaincu qu’on va la conserver après, une fois que le calendrier permettra à nouveau d’espacer les rencontres».

Christian Maillard

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