New York: Cinq gardiens coupables d'agression sur un détenu
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New YorkCinq gardiens coupables d'agression sur un détenu

Un jury du Bronx a rappelé qu'un uniforme et un badge ne dédouanent pas les auteurs de crimes.

Le centre pénitentiaire de Rikers Island est connu pour abriter une violence endémique. 10'000 personnes y sont détenues. (Image d'archive)

Le centre pénitentiaire de Rikers Island est connu pour abriter une violence endémique. 10'000 personnes y sont détenues. (Image d'archive)

Keystone

Cinq surveillants pénitentiaires de l'établissement new-yorkais de Rikers Island ont été déclarés mardi coupables de l'agression d'un détenu, une décision rare. Ce dernier avait été sauvagement battu en 2012.

Les cinq accusés ont été reconnus coupables par un jury populaire d'agression en réunion, de falsification de registres officiels et de faute professionnelle, selon un communiqué de la procureure du Bronx, Darcel Clark. Ils encourent une peine maximale de quinze ans d'emprisonnement.

Le juge de la Cour suprême de l'Etat de New York, Steve Barrett se prononcera le 6 septembre sur la nature de leur condamnation.

Un sixième accusé a lui été relaxé. Et trois autres, qui avaient choisi d'être jugés par un magistrat professionnel et non par un jury populaire, seront fixés sur leur sort ultérieurement.

Une leçon

Les cinq surveillants déclarés coupables mardi étaient accusés d'avoir voulu faire un exemple de Jahmal Lightfoot, un détenu âgé de 27 ans à l'époque. Ils lui avaient asséné une pluie de coups après l'avoir immobilisé, le 11 juillet 2012.

Ils avaient ensuite cherché à présenter l'accusé comme l'agresseur, affirmant qu'il avait tenté de leur porter des coups de rasoir. L'incident présumé a valu au détenu de multiples fractures au visage, notamment une sur chaque orbite.

Le procès a confirmé le rôle prépondérant d'Eliseo Perez, directeur adjoint de la sécurité. Celui-ci avait notamment demandé aux surveillants qu'on «pète (les) dents» de Jahmal Lightfoot. Il avait jeté son dévolu sur ce détenu après un simple échange de regards. Eliseo Perez souhaitait donner une leçon à ce prisonnier qui, selon lui, se prenait pour «un dur».

Violence endémique

«Un jury du Bronx a passé le message clair qu'un uniforme et un badge ne dédouanent pas l'auteur d'un crime, et que même un criminel incarcéré a droit d'être traité comme un être humain», a commenté la procureure Darcel Clark, citée dans le communiqué. «Quiconque commet un acte délictuel violent ou de corruption à Rikers Island sera poursuivi en justice», a-t-elle ajouté.

Rikers Island est un établissement gigantesque, situé sur une île au nord du district du Queens. Le site abrite un peu moins de 10'000 détenus. Il y règne une violence endémique.

La nouvelle procureure du Bronx, dont dépend Rikers, Darcel Clark, a fait de la prison l'une des priorités de son mandat.

Depuis les faits, Eliseo Perez et un autre des accusés ont fait valoir leurs droits à la retraite. Les autres accusés, un temps suspendus, ont repris le travail mais ont vu leurs tâches aménagées, selon le New York Times.

(ats)

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