17.12.2016 à 07:20

France/EspagneCinq interpellations dans une opération contre ETA

L'opération près de Bayonne a permis de saisir également «une importante saisie d'armes, d'explosifs et de munitions».

Opération du RAID près de Bayonne (France) le 15 décembre 2016.

Opération du RAID près de Bayonne (France) le 15 décembre 2016.

AFP

Cinq personnes, dont une femme, ont été interpellées vendredi soir lors d'une opération policière franco-espagnole présentée comme «un nouveau coup dur porté à ETA», l'organisation séparatiste basque, à Louhossoa, près de Bayonne (sud-ouest), a annoncé dans la nuit le ministère français de l'Intérieur.

«Une importante saisie d'armes, d'explosifs et de munitions» a également été réalisée, a-t-on indiqué de même source.

Plusieurs mouvements nationalistes ont de leur côté affirmé que «les polices française et espagnole ont empêché la destruction des armes».

Contrairement à de premières informations, le président d'honneur de la Ligue française des Droits de l'Homme, l'avocat Michel Tubiana, ne figure pas parmi les personnes interpellées.

Imbroglio autour de la LDH

Joint dans la nuit par Le Monde, qui souligne «l'imbroglio» autour de ces arrestations, Me Tubiana a démenti avoir été interpellé, expliquant au quotidien français qu'il aurait dû se trouver sur les lieux pour participer à une démarche volontaire du groupe de se désarmer.

Dans un courrier daté du 25 octobre, publié par le site Mediabask, Michel Tubiana, et deux des personnes interpellées vendredi soir --Jean-Noël Etcheverry et Michel Berhocoirigoin-- avaient annoncé leur intention de participer à «la question du désarmement» qui a «été identifiée par tous les spécialistes et dans toutes les régions de conflit comme un élément clé du processus de paix».

Dans ce texte, les trois hommes précisaient qu'ils se situent «en intermédiaires entre une organisation armée, avec laquelle» ils n'ont «aucun lien ni subordination, et un Etat» qu'ils veulent «amener à réfléchir.»

Tous trois justifiaient leur action par leur volonté de «contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque» pour lequel le désarmement serait «une condition incontournable».

Toutes de nationalité française

L'opération de vendredi soir a été menée, sur commission rogatoire du Parquet anti-terroriste à Paris, par des enquêteurs de la police judiciaire française, assistés de policiers de la Guardia Civil espagnole. Des policiers de l'unité d'élite du Raid étaient également sur place.

Les cinq personnes, toutes de nationalité française, ont été interpellées dans une grande maison de Louhossoa, bourgade d'environ 600 habitants, située sur la route allant de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques).

«L'interpellation de cinq individus en relation avec l'organisation terroriste ETA» est «un nouveau coup dur porté à ETA», a déclaré le ministre français de l'Intérieur, Bruno Le Roux, dans un communiqué, tout en se félicitant «d'une excellente coopération entre les services et avec les autorités espagnoles».

Dans un tweet, le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé que «la Guardia Civil avait porté un coup à l'arsenal de la bande terroriste ETA en France».

ETA a gardé ses armes

Le 5 novembre 2016, un des derniers chefs d'ETA encore dans la clandestinité, Mikel Irastorza, avait été arrêté à Ascain, près de Bayonne, puis mis en examen et écroué à Paris. Le 14 décembre, un autre militant basque espagnol d'ETA avait été arrêté à Marseille (sud). Ces deux arrestations avaient également été opérées conjointement par les polices française et espagnole.

Au nom de sa lutte pour l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre, ETA (Euskadi Ta Askatasuna, Pays Basque et Liberté) a mené une campagne d'attentats qui a causé la mort de 829 personnes, selon les autorités espagnoles et françaises, les années 1980 ayant été les plus sanglantes.

En octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n'a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre. ETA réclame pour cela une négociation avec les États espagnol et français sur le sort de ses quelque 400 membres détenus dans ces deux pays, ce que Madrid et Paris refusent.

(AFP)

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