Football: Cissé: «Il y a des amalgames, des polémiques qui n’ont pas lieu d’être»

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FootballCissé: «Il y a des amalgames, des polémiques qui n’ont pas lieu d’être»

Souleymane Cissé, directeur sportif d’un Lausanne-Sport qui a besoin de points samedi contre Servette (18h15), reste optimiste quant au projet d’Ineos. Il trouve aussi les gens trop impatients.

par
Simon Meier
Le stade de la Tuilière accueille samedi son premier derby lémanique. «Nous respectons Servette, mais nous n’avons pas peur d’eux», lance Souleymane Cissé, directeur sportif du LS.

Le stade de la Tuilière accueille samedi son premier derby lémanique. «Nous respectons Servette, mais nous n’avons pas peur d’eux», lance Souleymane Cissé, directeur sportif du LS.

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Souleymane Cissé, dans quel état d’esprit abordez-vous le derby de samedi contre Servette à la Tuilière?

Dans le même état d’esprit que le premier derby de la saison, lors de la première journée (ndlr: victoire du LS 2 à 1, le 20 septembre à la Pontaise). Vous savez, cette partie est importante et nous aimerions la gagner. Mais ce n’est pas le match de l’année non plus, Lausanne ne joue pas sa vie là-dessus.

Vous n’êtes donc pas inquiet, vu la série négative du LS, qui n’a marqué qu’un point en cinq matches cette année?

Absolument pas. Je lis et j’entends beaucoup de choses sur notre situation. Mais il ne faut pas oublier que le Lausanne-Sport est un néo-promu en Super League. C’est normal, au cours d’un apprentissage, de passer par des moments de souffrance. Mais ces cinq matches avec quatre défaites et un nul ne m’inquiètent pas. Je vous rappelle que nous venons de jouer deux fois contre Young Boys, leader intouchable de ce championnat, qui plus est à l’extérieur. Nous avons aussi perdu contre Bâle et fait match nul contre Servette, deux adversaires qui n’étaient pas des cadeaux. En fait, le seul match où nous aurions pu faire mieux au niveau comptable, c’est celui que nous avons perdu contre Sion - le contenu était bon, mais nous avons manqué d’efficacité. Si nous avions gagné ce jour-là, nous aurions trois points de plus et personne ne parlerait de crise. Nous tirerons le bilan à la fin de la saison et si on se sauve à la dernière journée, cela m’ira très bien.

Ce serait quand même une bonne idée de battre Servette, histoire de se donner un peu d’air, non?

Servette est un adversaire qui, en termes de projet, a un peu d’avance par rapport à nous. Mais jusqu’à preuve du contraire, nous prenons des points lorsque nous les affrontons. Je le répète: avec Vaduz, nous sommes le Petit Poucet de ce championnat. Un derby, c’est toujours du 50-50. Nous respectons Servette, mais nous n’avons pas peur d’eux.

Ne pensez-vous pas qu’entre les ambitions de départ affichées par Ineos et le statut de Petit Poucet que vous revendiquez, il puisse y avoir un motif d’incompréhension pour les gens?

Quand je dis Petit Poucet, c’est par rapport à notre vécu de néo-promu cette saison. Au-delà du classement actuel, nous avons de l’ambition pour ce club. On veut grimper au classement mais, avant cela, il y a des bases à construire. Quand Ineos est arrivé, le LS était en souffrance sur les plans structurel et financier. Il ne faut pas oublier qu’Ineos a sauvé ce club. Maintenant, il faut laisser le temps au temps. Nous ne sommes pas là pour faire des folies, mais pour mener un projet cohérent. Le problème c’est que dans l’imaginaire des gens, nous devrions être devant sous prétexte que nous l’étions la saison dernière en Challenge League.

Trouvez-vous les gens trop impatients?

Pour certains, oui. D’autres sont même inquiets. Ils revoient le spectre de l’ascenseur, suite à la relégation d’il y a deux ans. Mais nous mettons tout en œuvre pour ne pas revivre ce cauchemar - car c’en était un. Et je tiens à souligner une chose: si le championnat devait s’arrêter aujourd’hui, nous ne serions ni relégués, ni barragistes. Il nous manque certes des résultats en ce moment, mais je trouve que le contenu est bon. On progresse.

Allez-vous, en tant que directeur sportif, adresser un message particulier à l’équipe avant ce match?

Je m’adresse tout le temps à l’équipe, je vois les joueurs au quotidien. Ils sont conscients de la situation, de leurs forces et de leurs manques. Ce sont des professionnels, qui aborderont ce match comme tous les autres. Oui, bien sûr, il y a ce petit piment particulier du derby. Mais je répète que dans le fond, au niveau comptable, tous les matches auront la même valeur dans ce championnat. Samedi contre Servette, comme toujours, il y aura trois points à prendre.

Le mercato est ouvert jusqu’au 15 février. Le LS va-t-il encore agir à ce niveau?

Le téléphone ne chauffe pas. Il ne s’agit pas de prendre des joueurs pour les prendre. A ce sujet, j’aimerais préciser une chose. J’entends souvent les gens évoquer la perte d’identité vaudoise du Lausanne-Sport. Ce n’est absolument pas le cas. J’en veux pour preuve que dans l’effectif actuel, il y a une douzaine de joueurs du cru. (Il se met à énumérer). Schmidt, Puertas, Lukembila, Tsoungui, Rochat, Bares, Cueni, Sanches, Falk, Castella, Monteiro…. Nous sommes l’un des clubs à en avoir le plus. A quel moment parle-t-on de perte d’identité? Plus de dix sur 28, ce n’est quand même pas rien. Mais tout le monde me parle des Niçois. Il y a des amalgames, des polémiques qui n’ont pas lieu d’être. Je veux développer l’académie et voir de jeunes Vaudois évoluer avec ce maillot.

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