Actualisé 03.04.2017 à 07:02

Berne-JuraClap de fin pour la Transjurane

Le cinéaste Claude Stadelmann a compilé les archives et réalisé un film retraçant un chantier autoroutier voulu comme aucun autre.

par
Vincent Donzé

La Transjurane? Ce ruban de bitume de 85 kilomètres reliant Boncourt (JU) à Bienne (BE) peut désormais être emprunté sur sa totalité par les automobilistes avec l’inauguration, aujourd’hui, d’un dernier tronçon côté bernois. De ce chantier, Claude Stadelmann a fait un film, «Au bout du tunnel», en compilant les images tournées pendant les travaux. «La création du canton du Jura est le catalyseur incontestable de la construction de l’autoroute», indique le cinéaste de 71 ans.

«Désenclaver un territoire délaissé, c’était le sens du combat pour l’indépendance», analyse celui pour qui la Transjurane «n’est pas qu’un tracé technique, mais aussi une ligne politique». Mission réussie? «Oui, c’est une ouverture qui désenclave, également du côté français, avec un accès facilité pour les frontaliers», constate Claude Stadelmann, fasciné par «l’esthétique audacieuse» de l’A16.

Son documentaire est projeté depuis samedi dans les cinémas de la région. Il sera mercredi à Delémont, jeudi aux Breuleux, dimanche à Bienne, puis à La Neuveville et à La Chaux-de-Fonds. S’il ne couvre que le versant jurassien de la Transjurane, c’est parce que le réalisateur disposait de ce côté-là des images tournées professionnellement pendant vingt ans par Nicolas Chèvre, sur mandat du canton.

Avec «Au bout du tunnel», Claude Stadelmann fait revivre le chantier de la Transjurane. Photo: Laurent Crottet/Plonk & Replonk/DR

Avec «Au bout du tunnel», Claude Stadelmann fait revivre le chantier de la Transjurane. Photo: Laurent Crottet/Plonk & Replonk/DR

Doris Leuthard présente

«Même au Gothard, personne n’a pensé à documenter les travaux dès le début», relève Claude Stadelmann. «La matière disponible était gigantesque: j’ai visionné 100 heures de rushes», détaille le cinéaste, qui s’est fait un nom en 1985 en produisant «Derborence», de Francis Reusser. «Des coupés de ruban, il y en a une dizaine, avec différents ministres», rigole-t-il, en guise de clin d’œil à l’inauguration, aujourd’hui, du dernier tronçon bernois entre Court et Loveresse par la présidente de la Confédération, Doris Leuthard.

Ce chantier titanesque a été une sacrée aventure, grâce notamment aux découvertes archéologiques et paléontologiques. «On a trouvé 14 000 traces de dinosaures», rappelle Claude Stadelmann. Un tunnelier, c’est spectaculaire, mais comment rendre du bitume suffisamment glamour pendant 75 minutes? «C’est là que j’ai pensé à Plonk & Replonk», sourit-il. Le collectif chaux-de-fonnier a illustré les onze chapitres du film par des séquences animées. «Leur esprit de dérision contraste avec la dimension technique», se réjouit le cinéaste.

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