13.11.2017 à 05:29

Claques et fessées, bientôt interdites ?

Châtiments corporels

Une pétition visant à proscrire les baffes «éducatives» vient d’être lancée. La Suisse comblerait ainsi son retard sur 53 pays.

par
Laurent Grabet
Dans le cadre d’une étude récente de l’Université des sciences appliquées de Zurich, 42% des 4500 adolescents suisses interrogés ont dit avoir été giflés ou punis physiquement au cours de leur enfance.

Dans le cadre d’une étude récente de l’Université des sciences appliquées de Zurich, 42% des 4500 adolescents suisses interrogés ont dit avoir été giflés ou punis physiquement au cours de leur enfance.

Fotolia (image d'illustration)

En Suisse, gifler ou fesser ses chères têtes blondes n’est pas interdit par la loi. Mais la donne pourrait changer, révélait hier la SonntagsZeitung. À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant du 20 novembre, le groupe «Pas de violence contre les enfants» lance une pétition visant à inscrire dans le Code civil une «interdiction des châtiments corporels et de la violence psychologique envers les enfants».

Romands plus stricts

La Suisse se calerait ainsi sur les 53 autres pays interdisant les châtiments corporels. «Si notre pays a abrogé le droit explicite des parents à donner une correction à leurs enfants en 1978, il ne l’a pas interdit pour autant», rappelle Valentina Darbellay, de Terre des hommes Lausanne, organisation ayant déjà signé la pétition. À ce jour, malgré l’insistance de l’ONU, la Suisse n’a jamais adopté de loi proscrivant les châtiments corporels. Notre pays a pourtant ratifié la Convention des droits de l’enfant, laquelle se positionne clairement sur cette question.

Une étude récente, menée par l’Université des sciences appliquées de Zurich auprès de 4500 adolescents, montre que 42% d’entre eux ont été giflés ou punis physiquement durant leur enfance. Et 20% des jeunes interrogés confessent même avoir subi des violences graves. «Notre but en signant la pétition est notamment de sensibiliser le grand public romand sur cette question», précise Valentina Darbellay. En effet, une étude montrait en 2013 que 37% des parents romands utilisaient les punitions corporelles, contre «seulement» 28% de leurs homologues tessinois et 23% des Alémaniques.

«Gifler ou frapper ses enfants reste aujourd’hui partiellement accepté», déplore Andreas Brunner, l’une des chevilles ouvrières de la pétition. Et celui qui fut procureur en chef zurichois d’ajouter: «Les châtiments corporels ne doivent plus faire partie de l’arsenal des mesures éducatives classiques!»

Une pétition qui divise

À l’instar d’autres collègues, le conseiller national Jacques Nicolet n’est pas de cet avis. Comme il l’avait déjà dit par le passé, l’UDC vaudois est contre ce genre d’interdictions. «Cela ne signifie pas que je sois pour un usage systématique et aveugle des châtiments corporels, précise-t-il, mais mon parti considère que les parents sont des êtres responsables qui ne doivent pas être infantilisés !» Une opinion que partagent encore nombre des intéressés.

Lien vers ka pétition

www.keine-gewalt-gegen-kinder.ch

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