Wimbledon: Classé 772e à l'ATP, il affronte Federer au deuxième tour

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WimbledonClassé 772e à l'ATP, il affronte Federer au deuxième tour

Marcus Willis, qui a failli abandonner le tennis en janvier, se retrouvera tout à l'heure sur le Centre Court.

par
Mathieu Aeschmann

Tout à l'heure, Marcus Willis va poser un lapin à ses élèves du Warwick Boat Club. «Des petits gars de 5 ou 10 ans et des mamies de 70, des gens charmants. Je fais de tout.» Depuis lundi, Willbomb est le prof de tennis le plus connu de la planète, un antidépresseur pour tout le Royaume. Sa copine, la sémillante dentiste Jenny Bate, celle par qui le miracle est arrivé, s'est même invitée sur la terrasse de la BBC. «Roger qui? Je ne connais pas», a-t-elle éclaté de rire. Ils sont jeunes, drôles, totalement «out of context» et rejouent dans l'hystérie collective le scénario à l'eau de rose du film Wimbledon.

Reprenons pour mieux comprendre. En janvier, Marcus Willis déclare forfait en quarts de finale d'un tournoi Future (3e division) à Hammamet à cause d'un genou en vrac. Hors de forme, en surpoids et démoralisé, il décide de tout plaquer. Depuis, il vit chez papa-maman, gagne 30 livres par leçon et les dépenses dans les pubs du Berkshire. Seulement voilà, Jenny croise sa route lors d'un concert. Un coup de foudre et quelques confidences plus loin, elle décide de prendre les choses en main. «Elle m'a dit que j'étais un idiot d'abandonner. Je devais partir coacher à Philadelphie, mais elle m'a dit de rester. J'ai obéi.»

C'est là que la providence s'en mêle. Il y a dix jours, un confrère de galère reste bloqué en Turquie, ce qui libère la dernière place dans le tableau de préqualifications, réservé aux joueurs du cru. Marcus saute sur l'occasion, gagne six matches et se retrouve à donner la leçon, lundi, à Ricardas Berankis (ATP 54) dans l'ambiance surchauffée du court 17. «Willbomb's on fire, Berankis is terrified», chantent ses copains d'université une chaussure à la main (le héros n'a pas voulu dire pourquoi). Sa joie après la balle de match appartient déjà à la légende des lieux.

Mais il y a encore mieux, une cerise sur le «fairy tale»: Marcus Willis joue bien. Vraiment. «Il a un jeu un peu old school, apprécie Roger Federer. Un joli toucher, une belle patte gauche. Je suis excité de le rencontrer. Son histoire est sans doute l'une des plus belles que le tennis a produites.» Celle d'un loser talentueux transcendé par l'amour. Hollywood y avait pensé, Willbomb l'a matérialisée.

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