Suisse – Classe moyenne un jour, mais pas forcément pour toujours

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SuisseClasse moyenne un jour, mais pas forcément pour toujours

La Confédération a quantifié les passages d’une classe de revenu à une autre pendant quatre ans. Les mouvements sont relativement nombreux, mais le tableau global est stable.

Les changements individuels ne modifient pas beaucoup la répartition globale.

Les changements individuels ne modifient pas beaucoup la répartition globale.

20min/Michael Scherrer

Les classes sociales ne sont pas aussi figées qu’on pourrait le penser. L’Office fédéral de la statistique (OFS) a mené une étude pendant quatre ans avec des groupes de personnes pour observer dans quelle mesure elles changeaient de classe de revenus pour passer à une classe supérieure ou inférieure. Résultat: de 2017 à 2020, «38,1% de la population a changé de classe au moins une fois», a calculé l’OFS.

Classe moyenne, définition

L’Office de la statistique définit la classe moyenne de façon mathématique. On prend en compte le revenu brut médian (la moitié de la population gagne plus, la moitié gagne moins). La classe moyenne comprend tous ceux qui gagnent entre 70% et 150% de ce montant. Par exemple, en 2020, le revenu brut médian était de 5636 fr. pour une personne vivant seule. Toutes celles qui ont un revenu brut entre 3945 et 8455 fr. sont considérées comme appartenant à la classe moyenne. Pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans, on considérera les ménages qui ont un revenu total brut entre 8285 et 17’775 fr. 

La part de la population qui appartient à la classe moyenne tourne autour des 60% année après année. Et lorsque des personnes en sortent? Rien ne permet de dire qu’elles subissent plus souvent un appauvrissement. «À première vue, la mobilité des revenus de la classe moyenne évoluant vers le bas semble plus importante que celle allant vers le haut, mais les analyses ne confirment que partiellement la crainte du déclassement social souvent évoquée: il n’est pas possible de la confirmer statistiquement», dit l’OFS, qui émet une réserve sur 2018/2019, où les mouvements vers le bas ont été plus nombreux.

Bientôt tous dans la classe moyenne?

Le constat est identique si l’on compare ceux qui sont entrés dans la classe moyenne depuis une classe plus haute ou plus basse: «Cette mobilité ne peut être démontrée avec la précision statistique souhaitée et il ne faut donc en aucun cas la surestimer», avertit l’OFS. De même, les passages extrêmes d’une classe supérieure directement à la plus basse (et inversement) sont très rares «et ne sont donc guère significatifs du point de vue statistique». 

S’il y a donc des mouvements individuels d’une classe à l’autre, d’un point de vue global, pourtant, le tableau est figé. La part de la population qui se trouve dans la classe moyenne reste stable, et il n’y a pas non plus de bouleversements concernant la plus basse et la plus haute. Attention toutefois: «La période d’observation de l’analyse n’est pas suffisamment longue pour tirer des conclusions sur le long terme, à quoi s’ajoute le fait que notre analyse ne tient pas compte des répercussions de la pandémie, les revenus relevés se référant toujours à l’année précédente», note l’OFS.

(ywe)

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