Actualisé 07.07.2015 à 17:04

ParisClimat: les scientifiques veulent passer du constat à l'action

A 5 mois de la conférence de Paris sous l'égide de l'ONU, les scientifiques rappellent qu'il n'est pas trop tard pour juguler le réchauffement de la planète.

La ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, était présente pour l'ouverture de ce forum.

La ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, était présente pour l'ouverture de ce forum.

AFP

Des experts du monde entier ont ouvert mardi à l'Unesco à Paris le plus grand forum scientifique organisé sur le climat en amont de la «COP21». Ils veulent rappeler aux Etats qu'il n'est pas trop tard pour juguler le réchauffement planétaire.

A cinq mois de la conférence de Paris qui rassemblera sous l'égide de l'ONU 195 Etats engagés dans la recherche d'un accord contre le dérèglement climatique, quelque 2000 scientifiques partageront leurs travaux durant toute la semaine, à la recherche de «solutions» pour freiner le réchauffement en cours.

«Le monde est à un carrefour critique», a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un message lu en son absence.

Le GIEC, le groupe des experts de référence, a publié en 2014 la dernière synthèse de la recherche mondiale. Il a montré que «la température des surfaces terrestre et océanique a crû globalement de près de 1°C (depuis le début du 20e siècle), et que dans certaines parties d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du nord et du sud, la hausse va jusqu'à 2,5°C», a rappelé Ban Ki-moon.

Vers 5-6° de plus si rien n'est fait

«Et le GIEC nous dit que nous allons vers un réchauffement de 5-6°C si rien n'est fait», a-t-il ajouté. «Nous savons vers où va la planète, en fonction de nos choix aujourd'hui», a insisté le physicien suisse Thomas Stocker, un des responsables du GIEC, lors d'un point presse.

A 2°C, «le monde sera différent de celui que nous connaissons», les précipitations notamment changeront, mais «une adaptation sera possible dans la plupart des régions du monde», a souligné l'expert. Ce qui ne sera pas le cas si les émissions ne sont pas rapidement réduites et que la température mondiale s'approche ou dépasse 4 degrés.

Professeur à l'université de Berne, Thomas Stocker est le candidat suisse à la présidence du GIEC en octobre.

Se détourner des énergies fossiles

Les scientifiques ont établi que pour rester sous 2°C, le monde devra réduire de 40 à 70% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 et arriver à la «neutralité carbone» à la fin du siècle. Pour y parvenir, une quarantaine de pays ont annoncé à ce stade leurs objectifs pour 2025 ou 2030, dans le cadre des négociations climatiques.

«Il est clair» que les engagements de réduction des gaz à effet de serre publiés depuis mars par les Etats «ne suffiront pas à nous permettre de garder l'objectif de 2°C», a toutefois rappelé Ban Ki-moon. «Il est essentiel d'avancer sur les financements, la confiance, les connaissances, les technologies...», a-t-il souhaité, pour que l'accord espéré à Paris mette la planète sur la bonne voie.

Le principal défi consiste à se détourner des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) au profit des renouvelables, et à miser sur des modes de production et de consommation plus économes. La forêt doit aussi regagner de la place au niveau mondial.

«Gagner la bataille de l'action»

Même à 2°C, le réchauffement va affecter un grand nombre de secteurs, une réalité reflétée par la diversité des experts présents à Paris: physique, géographie, technologie, mais aussi économie, sciences politiques...

«La conférence va s'appuyer sur les résultats du GIEC, mais il y a une place pour une démarche en plus: positionner ce savoir dans une attitude prospective et une recherche de solutions», a dit le climatologue Hervé Le Treut, président du Comité d'organisation de la conférence, en ouvrant le forum.

«Nous devons gagner la bataille de l'action puisqu'on a gagné la bataille des idées» et du diagnostic, a déclaré pour sa part la ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal. Au total, quelque 160 sessions et débats seront organisés à l'Unesco et sur le campus universitaire parisien de Jussieu.

La communauté internationale s'est fixé pour objectif de limiter à 2°C la hausse du thermomètre global, générée par les émissions de gaz à effet de serre, faute de quoi la science promet des impacts graves et irréversibles.

(ats)

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