13.09.2016 à 07:37

Etats-UnisClinton se repose, Obama fait campagne pour elle

La candidate démocrate va devoir prouver qu'elle n'a pas perdu la vigueur requise pour battre Donald Trump.

1 / 150
La potentielle première présidente des Etats-Unis, entourée par les deux derniers présidents démocrates Barack Obama et son mari Bill Clinton, le 7 novembre 2016 à Philadelphie. (Mardi 8 novembre 2016).

La potentielle première présidente des Etats-Unis, entourée par les deux derniers présidents démocrates Barack Obama et son mari Bill Clinton, le 7 novembre 2016 à Philadelphie. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP
Bruce Springsteen est venu soutenir Hillary Clinton à Philadelphie, le 7 novembre 2016. (Mardi 8 novembre 2016).

Bruce Springsteen est venu soutenir Hillary Clinton à Philadelphie, le 7 novembre 2016. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP
Donald Trump a rejoint Mike Pence et sa fille Ivanka (à droite) lors de son avant-dernier meeting de Manchester, dansl e New Hampshire, lundi soir. (Mardi 8 novembre 2016).

Donald Trump a rejoint Mike Pence et sa fille Ivanka (à droite) lors de son avant-dernier meeting de Manchester, dansl e New Hampshire, lundi soir. (Mardi 8 novembre 2016).

AFP

Hillary Clinton, soignée pour une pneumonie, reprendra la campagne présidentielle cette semaine. Le président américain Barack Obama interviendra mardi lors d'un meeting de soutien à la candidate démocrate à Philadelphie.

Hillary Clinton est en tête des sondages. Mais elle va devoir prouver aux Américains qu'elle n'a pas perdu la vigueur requise pour battre le candidat républicain Donald Trump en novembre et assumer les fonctions de présidente.

Pour le moment, elle se repose chez elle à Chappaqua, près de New York. Elle a annulé ses déplacements de lundi et mardi en Californie, et de mercredi dans le Nevada, de l'autre côté des Etats-Unis.

«Je vais beaucoup mieux», a-t-elle déclaré lundi soir sur CNN.

Malaise

Hillary Clinton a fait un malaise, pour cause de déshydratation, dimanche matin à New York lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001.

La candidate a déclaré sur CNN par téléphone lundi soir qu'elle ne s'était pas évanouie mais qu'elle avait été prise d'un «vertige» et avait «perdu l'équilibre pendant une minute». «Mais une fois à l'intérieur du véhicule, une fois que j'ai pu m'asseoir, que j'ai pu me rafraîchir, j'ai tout de suite commencé à me sentir mieux», a-t-elle assuré.

Pneumonie diagnostiquée

Un témoin l'a filmée, de dos, perdant l'équilibre, ses jambes semblant se dérober sous elle et incapable de monter à bord de son véhicule sans l'aide de deux gardes du corps. Quelques heures après, elle est apparue tout sourire, assurant qu'elle se sentait bien. C'est la dernière fois qu'elle a été vue en public.

Il a fallu plusieurs heures pour que son équipe se résolve à annoncer que la médecin de la candidate avait diagnostiqué une pneumonie deux jours auparavant, vendredi. C'est ce délai qui a relancé les soupçons envers l'ancienne Première dame, qui a toujours vigoureusement protégé sa vie privée, alors que la transparence médicale est attendue pour les candidats à la Maison Blanche, a fortiori aussi âgés que Mme Clinton (68 ans) et M. Trump (70 ans).

Publications attendues

Afin de marquer le contraste, Donald Trump a d'ailleurs annoncé qu'il publierait cette semaine un nouveau bulletin de santé. Il n'a diffusé à ce jour qu'une lettre vague de son médecin, en décembre.

L'équipe de la démocrate a également annoncé que de nouveaux documents médicaux seraient rendus publics cette semaine, prouvant que Mme Clinton ne souffre d'aucun autre problème médical que la pneumonie. La candidate, qui n'est plus contagieuse, a dit sur CNN qu'elle reviendrait faire campagne «d'ici deux jours». Son médecin lui a suggéré vendredi de se reposer cinq jours.

Ces documents viseront à contrer les théories du complot et insinuations émanant du camp conservateur. «Il se passe quelque chose», a dit Donald Trump sur Fox News.

«C'est le genre de chose (après quoi), si elle vous arrive et que vous êtes une personne active, vous continuez d'avancer», a justifié Mme Clinton sur CNN en s'estimant beaucoup plus transparente que son rival Donald Trump, qui refuse de publier ses déclarations de revenus.

Le président et son mari

Les démocrates volent à la rescousse de la candidate. Le président Obama participera à une réunion de soutien à Mme Clinton mardi à Philadelphie, et Bill Clinton remplacera son épouse à un événement mercredi à Las Vegas.

Lors du meeting de Philadelphie, M. Obama devrait appeler les indécis, et en particulier les jeunes électeurs, à aller voter pour la démocrate, a déclaré son porte-parole Josh Earnest.

«Cela a été une caractéristique importante des victoires du président Obama au cours des primaires de 2008 et aussi un facteur décisif de son succès lors de l'élection de 2008 et de sa réélection en 2012 - le fait que les jeunes en particulier ont été vraiment inspirés par sa candidature et par sa présidence», a souligné le porte-parole.

Concernant sa santé, Hillary Clinton a jusqu'à présent seulement publié une lettre de son médecin en juillet 2015. Y sont décrits ses médicaments, dont des anticoagulants et des antihistaminiques contre les allergies saisonnières. Elle souffre aussi d'hypothyroïdie.

L'ancienne sénatrice a été victime de thromboses en 1998 et 2009 ainsi que d'une commotion cérébrale qui avait généré un caillot à la tête en 2012. Elle a vu double pendant deux mois et Bill Clinton a dit à l'époque qu'il lui avait fallu six mois pour se remettre.

Infobox

Ronald Reagan avait fait face à un flot de questions sur son âge, John McCain avait dû publier 1000 pages de bulletins médicaux. La candidate à la Maison Blanche Hillary Clinton, souffrant d'une pneumonie, n'est pas la première à susciter des doutes sur sa santé.

Deux présidents américains sont morts en fonction après une pneumonie, lorsque les antibiotiques n'existaient pas encore: William Henry Harrison en avril 1841 et Warren Harding en août 1923.

Au cours du siècle, de nombreux candidats ont affronté des pathologies bien plus sérieuses pendant l'éprouvante campagne pour la présidence américaine.

John F. Kennedy souffrait ainsi de la maladie d'Addison pendant la campagne de 1960, une déficience rare de la glande surrénale qui peut provoquer une immense fatigue et des douleurs chroniques au dos. Des soucis que son équipe avait alors refusé de révéler aux électeurs.

De son côté, Franklin Roosevelt avait la polio depuis 12 ans lorsqu'il est arrivé à la Maison Blanche en 1933. Si sa maladie était bien connue des électeurs, son entourage empêchait la presse de le photographier dans une chaise roulante.

Il fut gravement malade pendant toute sa campagne pour un quatrième mandat sans que cela l'empêche de remporter une nouvelle victoire. Mais il est décédé cinq mois après l'élection.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!