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RéactionsClivage gauche-droite sur l'initiative Minder

Face à la décision du conseiller national Thomas Minder de maintenir son initiative sur les salaires abusifs, les réactions des partis ne se sont pas fait attendre. Sans surprise, un clivage gauche-droite apparaît.

Thomas Minder met les partis dos à dos: alors que le PS et les Verts soutiennent le texte, les partis bourgeois et economiesuisse s'y opposent.

Thomas Minder met les partis dos à dos: alors que le PS et les Verts soutiennent le texte, les partis bourgeois et economiesuisse s'y opposent.

Keystone

Sans surprise, le maintien de l'initiative de Thomas Minder sur les hauts salaires engendre un clivage gauche-droite. Alors que le PS et les Verts soutiennent le texte, les partis bourgeois et economiesuisse s'y opposent résolument, estimant le contre-projet suffisant.

Le PS accueille «avec satisfaction» le maintien de l'initiative, car cela signifie que la population aura enfin l'opportunité de se prononcer sur les salaires excessifs. «Il manquera malheureusement des mesures supplémentaires, comme la taxation des bonus», écrit le parti.

C'est la raison pour laquelle le PS réitère son «soutien résolu» à l'initiative «1:12» de la Jeunesse socialiste, qui prévoit une limitation d'écart entre les salaires les plus élevés et les plus bas au sein d'une entreprise.

Les Verts sont «très contents» de la décision, car ils sont «sûrs que le peuple souhaite voter sur ce texte», a réagi la secrétaire générale Miriam Behrens. «Pour retirer une initiative, il faut un contre-projet qui reprenne les exigences principales». Les Verts jugent la mouture du Parlement insuffisante, sans l'imposition des bonus, et soutiennent donc pleinement l'initiative.

Dommageable pour l'économie

Pour le PLR, «l'initiative est à combattre», a dit Philippe Miauton, porte-parole du parti. Selon lui, le contre-projet reprend 80% des revendications de l'initiative, et les 20% restants sont dommageables pour le pays.

Pour les libéraux-radicaux, il fallait certes renforcer le droit des actionnaires, mais «il faut éviter d'ajouter un corset juridique supplémentaire qui pénaliserait l'ensemble de nos entreprises», à cause d'une minorité qui commet des excès.

Selon Philippe Miauton, un travail d'explication sera nécessaire, car l'initiative a un fort potentiel pour toucher les gens, qui en ont ras-le-bol de certains excès. «C'est maintenant aux dirigeants de changer leurs habitudes». Economiesuisse partage cette position, estimant que cette initiative «bureaucratique» va trop loin.

Incompréhension du PDC

Le PDC ne comprend pas pourquoi Thomas Minder ne veut pas retirer son initiative, car il a obtenu beaucoup avec le contre-projet indirect, a dit la porte-parole Marianne Binder. Le PDC sera en première ligne pour combattre l'initiative. Le texte risque de nuire à la place économique suisse. Il combat certes les hauts salaires, mais mettrait le pays hors-jeu.

Le PBD est sur la même longueur d'onde. Comme lors des débats parlementaires, le parti soutiendra le contre-projet, a dit le conseiller aux Etats bernois Werner Luginbühl. Le mot d'ordre sera adopté en assemblée des délégués, mais Werner Luginbühl ne s'attend pas à ce que la base soutienne soudain l'initiative.

La campagne sera difficile, ajoute-t-il, car l'initiative suscite de la sympathie et le contre-projet, assez complexe, n'est pas facile à expliquer. Les Vert'libéraux pas déçus Le président des Vert'libéraux Martin Bäumle, dont le parti a offert un pont d'or à l'initiative en rejetant l'imposition des bonus, n'est pas déçu que Thomas Minder maintienne son texte. Même si le contre-projet indirect avait intégré l'imposition des bonus, l'entrepreneur aurait maintenu son initiative, selon Martin Bäumle. Pour lui, le contre-projet va dans la bonne direction.

Le conseiller national zurichois voit poindre un dilemme au sein de l'UDC. Car Thomas Minder, qui est un membre en vue du groupe UDC au Parlement, est en opposition avec la direction du parti. En outre, l'initiative récolte un vif écho dans la base du parti.

L'UDC peut vivre avec les deux

L'UDC peut vivre avec les deux variantes, il appartiendra à une assemblée des délégués de trancher, a expliqué le secrétaire général Martin Baltisser. L'initiative est plus proche de la proposition initiale de l'UDC allant dans le sens de Thomas Minder, mais le contre- projet indirect reprend aussi une partie des revendications. Le parti est surtout satisfait que l'imposition des bonus, inacceptable, ait été finalement écartée par le Parlement.

Deux dates

(ats)

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