Actualisé 31.10.2019 à 15:22

Cointrin, Swiss et Easyjet s'allient contre le bruit

Aviation

L'accord entre divers acteurs du secteur aérien intervient alors que l'aéroport de Genève fera l'objet d'une votation, le 24 novembre.

Swiss assure une partie du trafic de l'aéroport de Genève.

Visé par une initiative populaire, l'aéroport de Genève s'est allié aux compagnies aériennes Swiss et Easyjet pour limiter les nuisances nocturnes. Les trois partenaires annoncent des mesures pour réduire les décollages après 22 heures.

L'exploitant du tarmac genevois et les deux plus grands opérateurs (57% du trafic) ont signé une déclaration conjointe et pris des engagements pour éviter, dans la limite du possible, les émissions sonores après 22 heures, dont l'impact est considéré comme dix fois supérieur à celui des mouvements en cours de journée, indique Genève Aéroport jeudi.

L'intégration des appareils de réserve dans la planification, la priorisation des vols retardés et des quotas bruit pour les vols retardés après 22 heures figurent parmi les mesures prévues. Ces dernières sont complémentaires à celles prévues dans le plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA), adopté par le Conseil fédéral et qui définit notamment les «quotas bruit».

Niveau inférieur à celui prévu

Lors d'une conférence de presse, le directeur général (CEO) de l'aéroport André Schneider a affirmé que le niveau des émissions sonores à Genève est déjà inférieur à celui prévu dans le PSIA. «En 2018, nous avons réduit de 5,7% le nombre de vols après 22h00», a-t-il affirmé, reconnaissant cependant que des efforts supplémentaires étaient nécessaires.

Les représentants de Swiss et Easyjet ont détaillé les mesures déjà mises en place par leur compagnie pour éviter les retards et le bruit, comme la présence d'avions de réserve sur le tarmac genevois ou le recours à des appareils de dernière génération.

Actuellement, les décollages de vols de ligne sont autorisés à Genève entre 6 heures et 22 heures. Des mauvaises conditions météo, des imprévus ou des difficultés techniques peuvent cependant entraîner des retards.

Survol plus perturbateur

En moyenne, 29 mouvements par jour interviennent à l'aéroport de Genève après 22 heures. Jean-Marc Thévenaz, directeur d'Easyjet Suisse, a indiqué qu'un à deux décollages quotidiens étaient le fait de sa compagnie. Pour Swiss, Lorenzo Stoll, directeur pour la Suisse romande, a dénombré un total d'«une douzaine de vols» après 22h00 entre début janvier et fin août.

Ce nombre peut paraître dérisoire, mais chaque vol de moins est un soulagement pour les riverains, a prévenu Jean-Marc Thévenaz. «Il y a beaucoup moins de bruit autour de nous après 22 heures. Cet avion qui survole la maison, il est beaucoup plus perturbateur.»

Lorenzo Stoll a insisté sur ce point. «Ces (quelques) avions après 22 heures sont émotionnellement très importants. (...) On ne peut pas simplement se reposer sur nos lauriers.» L'accord signé jeudi par les trois partenaires intervient alors que l'aéroport fera l'objet d'une votation cantonale à Genève, le 24 novembre.

Trop de marge de manoeuvre

L'initiative populaire «Pour un pilotage démocratique de l'aéroport» veut faire de la limitation des nuisances liées aux mouvements d'avions une priorité. Les partisans du texte dénoncent ce qu'il perçoivent comme la volonté de Genève Aéroport de croître «sans considération pour les personnes concernées», principalement les riverains. Ils exigent une prise en main de l'aéroport par les autorités politiques et une meilleure concertation avec la population autour du développement de l'activité sur le tarmac genevois.

A leurs yeux, le contre-projet accepté en février dernier par le Grand Conseil ne va pas assez loin. Il laissera trop de marge de manoeuvre aux dirigeants de Genève Aéroport, qui table sur une croissance à 25 millions de passagers d'ici 2030.

Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil genevois recommandent de rejeter l'intiative et soutiennent le contre-projet. Questionné sur la tenue d'une conférence de presse en pleine campagne politique, André Schneider a éludé le sujet. Il estime que les mesures annoncées jeudi s'inscrivent dans le sillage du nouveau règlement d'exploitation de l'aéroport, actuellement soumis à l'enquête publique.

(ats)

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