Bagagistes congédiés: Cointrin: «Tout licenciement doit être motivé»
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Bagagistes congédiésCointrin: «Tout licenciement doit être motivé»

Le Syndicat des services publics exige le respect de la présomption d'innocence et du droit du travail à l'égard des bagagistes qui se sont vus retirer leur badge d'accès au tarmac.

De gauche à droite, Me Pierre Bayene, Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical SSP Genève, et deux employés de piste de l'aéroport lors de la conférence de presse.

De gauche à droite, Me Pierre Bayene, Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical SSP Genève, et deux employés de piste de l'aéroport lors de la conférence de presse.

Keystone

Les 33 travailleurs qui se sont vus brusquement retirer les 22 et 23 décembre leur badge d'accès au tarmac de Genève Aéroport (GA) ne savent toujours pas ce qui leur est reproché. Le Syndicat des services publics exige le respect de la présomption d'innocence et du droit du travail.

«Tout licenciement doit être motivé», a rappelé mardi devant les médias Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical. Or les hommes qui ont perdu leur carte d'identité aéroportuaire et donc leur travail sont, pour la plupart, originaires de pays musulmans, trentenaires, résidents français et bagagistes intérimaires. «On laisse planer un soupçon de radicalisation islamique», a-t-il dénoncé.

«Renseignements défavorables»

Dans une lettre datée du 15 janvier, adressé en réponse à l'un des travailleurs mais vraisemblablement circulaire, GA explique que le retrait de son badge constitue une mesure préventive, a indiqué Pierre Bayenet, avocat d'une dizaine d'entre eux. Sur la base d'indications des services de police français, sollicités par Genève, les critères d'octroi ne seraient pas remplis.

Il est fait état de «renseignements défavorables» non précisés qui entrent en conflit avec les critères, eux-mêmes non accessibles au public, du programme national de sûreté de l'aviation civile (NASP), relève Me Bayenet. Les travailleurs qui ont recherché en France des informations les concernant déclarent avoir reçu des réponses rassurantes ou devoir encore patienter.

Indemnisation des travailleurs

Pour Me Bayenet, les informations de GA auraient dû être données immédiatement. Selon lui, le renforcement des mesures de sécurité peut se faire dans le respect du droit. La lettre de GA permet désormais aux travailleurs de demander l'accès à leur dossier. Ils se détermineront après avoir à nouveau sollicité la police française et feront recours en cas de maintien de la mesure par l'aéroport.

L'avocat estime que l'Etat, à l'origine de cette mesure de précaution, doit indemniser ces travailleurs. Licenciés sur-le-champ, ces derniers ne touchent plus de salaire et ne peuvent pas travailler ailleurs, car ils sont toujours sous contrat. La situation des intérimaires appelés au jour le jour pose un problème, note-t-il.

D'autres employés concernés

Selon M. Pouranpir, GA est le seul aéroport de Suisse à avoir pris des mesures aussi drastiques. «Il était peut-être trop laxiste auparavant», se demande-t-il. Or ce n'est que le début, a appris lundi le syndicaliste lors d'une séance avec le Département de la sécurité. D'autres travailleurs parmi les quelque 5000 détenteurs d'un badge risquent de perdre leur emploi.

Après la découverte que deux Français radicalisés avaient été employés comme bagagistes à GA, le conseiller d'Etat Pierre Maudet, en charge de la Sécurité, avait annoncé au début du mois de décembre le renforcement du contrôle des badges d'accès. En principe, un casier judiciaire vierge et une déclaration de non-poursuites sont exigés pour la carte d'identité aéroportuaire.

(ats)

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