14.08.2020 à 12:43

Royaume-UniEn colère, les vacanciers tentent de rentrer chez eux

Plusieurs touristes britanniques écourtent leurs vacances en France pour rentrer au Royaume-Uni, après la décision de Londres d’imposer une quarantaine aux voyageurs en provenance de l’Hexagone.

Le gouvernement français a dit «regretter» la décision britannique, avertissant qu'elle «entraînera une mesure de réciprocité».

Le gouvernement français a dit «regretter» la décision britannique, avertissant qu'elle «entraînera une mesure de réciprocité».

AFP

L'annonce d'une quatorzaine obligatoire pour les voyageurs arrivant de France au Royaume-Uni a provoqué vendredi la colère de centaines de milliers de vacanciers, certains tentant de rentrer en catastrophe.

La décision britannique, justifiée par une recrudescence de l'épidémie en France, s'applique dès samedi à 4H00, laissant une trentaine d'heures aux voyageurs pour revoir leurs plans et arracher les derniers billets de train, d'avion ou de ferry disponibles.

Paul Trower, retraité britannique, a ainsi annulé ses vacances pour repartir en ferry.

«On rentre à la maison pour éviter (la quatorzaine) parce que ma femme travaille et que je dois m'occuper de ma petite fille», a-t-il confié à l'AFP vendredi matin à Calais.

Eurotunnel a déconseillé aux voyageurs de se ruer vers le terminal. «Les clients ne pourront pas embarquer sur les navettes sans réservation valide», a tweeté la compagnie.

«On rentre à la maison»

La quarantaine sera aussi obligatoire pour les voyageurs en provenance des Pays-Bas, de Monaco et de Malte. Dès fin juillet, la mesure avait été réintroduite sans mise en garde pour les passagers en provenance d'Espagne, destination touristique préférée des Britanniques.

«Nous avons fait tellement d'efforts dans ce pays pour abaisser les niveaux (de transmission du Covid-19), la dernière chose que nous voulons c'est que des gens reviennent et ramènent le virus», a plaidé le ministre des Transports Grant Shapps sur la BBC.

Le Royaume-Uni, pays d'Europe le plus touché par le virus, déplore à ce jour plus de 41’000 décès et son Premier ministre Boris Johnson a été vertement critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire.

Le gouvernement français a dit «regretter» la décision britannique, avertissant qu'elle «entraînera une mesure de réciprocité».

«Environ 160’000 vacanciers» doivent rentrer du Royaume-Uni vers la France, a indiqué M. Shapps. Et une partie des quelque 300’000 Français vivent au Royaume-Uni profitent de l'été pour se rendre dans leur pays.

«Coup de massue»

L'obligation de quarantaine fera rater la rentrée scolaire aux enfants dont les familles rentreront la seconde moitié du mois d'août.

«C'est un coup de massue. Impossible d'assurer la rentrée de nos enfants avec cette quatorzaine», dit à l'AFP Cécile, Française de 41 ans installée à Londres. En vacances avec sa famille en Corse, elle devait rentrer le 28 août, mais prévoit désormais d'avancer son retour.

C'est aussi une mauvaise nouvelle pour le secteur de l'aviation, déjà très pénalisé par la situation sanitaire.

«C'est malheureusement un nouveau coup dur pour les vacanciers britanniques et ça ne manquera pas d'avoir un impact sur l'industrie de l'aviation, déjà perturbée», a réagi dans un communiqué IAG, propriétaire de British Airways, hostile aux mesures de quarantaine.

Un porte-parole de l'aéroport londonien d'Heathrow a comparé la mesure à la «roulette», plaidant pour trouver des solutions plus durables. «Le dépistage pourrait donner l'occasion de réduire en toute sécurité la durée de la quarantaine dans certains cas», a-t-il suggéré.

La décision britannique intervient alors que les indicateurs de suivi de l'épidémie de Covid-19 en France «continuent de se dégrader», a indiqué jeudi la Direction générale de la Santé (DGS), avec un nombre de nouveaux cas confirmés qui «augmente régulièrement».

Amendes salées

Parallèlement, le gouvernement britannique a annoncé la réouverture samedi en Angleterre des casinos, bowlings et patinoires en extérieur, ainsi que des théâtres et salles de spectacles pourvu qu'ils maintiennent une distanciation physique entre les clients. Prévue initialement début août, cette étape du déconfinement avait été repoussée en raison de la résurgence des cas.

Tout en accordant davantage de libertés, le gouvernement a durci les sanctions à l'égard des contrevenants, doublant l'amende imposée à ceux qui «enfreignent de manière répétée les règles de port du masque», obligatoire dans les transports en commun et les magasins, à un maximum de 3.200 livres (3.500 euros).

De nouvelles sanctions viseront aussi les organisateurs de «raves parties ou d'autres rassemblements illégaux de plus de 30 personnes».

(AFP/NXP)

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