12.11.2015 à 11:38

InformatiqueCollaborateurs externes: administration fédérale vigilante

L'administration ne peut recourir à des collaborateurs externes que si personne à l'interne n'est disponible ou ne possède les compétences requises.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Le recours de l'administration fédérale à des collaborateurs externes dans le domaine informatique reste risqué.

La commission de gestion du Conseil des Etats entend refaire le point d'ici un à deux ans. En attendant, elle se félicite des premières mesures prises par le Conseil fédéral.

Il y a un an, la commission avait dénoncé une certaine gabagie. L'administration recourt trop facilement à des collaborateurs externes. Pire, cette pratique, qui peut coûter cher, est très opaque. Ces personnes peuvent avoir accès à des informations confidentielles et entraîner une perte de savoir-faire ainsi que des tensions avec leurs collègues à l'interne.

Pression maintenue

Après avoir insisté plusieurs fois auprès du gouvernement pour qu'il prenne des mesures, la commission a obtenu gain de cause sur plusieurs points et a décidé de clore son inspection, au profit d'un contrôle de suivi, a-t-elle fait savoir jeudi.

Les explications du Conseil fédéral la laissent parfois sur sa faim. La commission reste convaincue qu'il faut accorder une attention particulière aux collaborateurs externes dans le domaine informatique vu que ces personnes peuvent souvent accéder à des données particulièrement sensibles.

Elle n'est pas non plus satisfaite de réticences du Conseil fédéral concernant les contrôles de sécurité des personnes avant leur embauche. Faute de clarté dans les bases légales, il n'est pas exclu que des collaborateurs externes passent entre les mailles du filet. La commission continue donc d'exiger que le degré de contrôle puisse être fixé et vérifié.

Autre critique, elle souhaite que le gouvernement et les chefs de département contrôlent si les offices respectent effectivement leurs obligations en matière d'économies en recourant à des collaborateurs externes. Pour le reste, la commission se félicite que le Conseil fédéral ait édicté de nouvelles directives en août dernier.

Augmenter la transparence

L'administration ne peut recourir à des collaborateurs externes que si personne à l'interne n'est disponible ou ne possède les compétences requises. Les contrats avec une entreprise ne peuvent pas excéder deux ans.

Des mesures seront en outre prises pour limiter la perte de savoir-faire à l'interne et réduire la dépendance à des prestataires extérieurs. Et, afin d'augmenter la transparence des contrats, les coûts qui y sont liés figureront dans les charges de personnels dès le budget 2017. La commission s'en félicite et suivra avec intérêt la façon dont ces comptabilisations seront effectuées.

Les résultats chiffrés d'une enquête menée en 2012 dans neuf offices montraient que les dépenses liées aux collaborateurs externes s«élevaient à plus de 137 millions de francs, dont 114 millions pour le domaine informatique. Le phénomène représente 500 emplois à plein temps, soit 11% du total. Avec, en sus, des coûts par collaborateur 40 à 50% plus élevés.

(ats)

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