Canton de Genève: Cologny capitale suisse de l'immobilier de luxe
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Canton de GenèveCologny capitale suisse de l'immobilier de luxe

Les prix de l'immobilier haut de gamme ont atteint 35'000 francs le mètre carré dans la commune de Cologny située aux bord du lac Léman.

Signe ou hasard, mais la commune de Cologny abrite notamment le siège du World Economic Forum (WEF).

Signe ou hasard, mais la commune de Cologny abrite notamment le siège du World Economic Forum (WEF).

Keystone

Cologny est la ville la plus chère de Suisse en matière d'immobilier de luxe. Ce secteur a connu l'année dernière une forte poussée, qui risque cependant d'être entravée en 2019 par les turbulences macroéconomiques mondiales.

Les prix de l'immobilier haut de gamme ont atteint 35'000 francs le mètre carré dans la commune située aux bords du lac Léman, et dans certains cas plus de 50'000 francs par m2, a indiqué UBS jeudi dans une étude. Les stations de Gstaad dans l'Oberland bernois et St Moritz dans la haute Engadine suivent juste derrière dans le classement.

Au bord du lac de Zurich, les prix dans ce segment sont quelque peu plus modérés avec des tarifs oscillant entre 20'000 et 30'000 francs par mètre carré.

A titre de comparaison, le prix du mètre carré d'une villa «normale» se situait en mai à environ 6333 francs en moyenne nationale, selon l'indice immobilier compilé par Immoscout24.

2000 m2 de terrain

L'immobilier de luxe se caractérise par des surfaces supérieures à la moyenne, avec environ 440 m2 de surface habitable et 2000 m2 de terrain. Un quart des objets disposent par ailleurs d'une piscine. Le prix de vente moyen se situe autour de 6 millions de francs.

Nonobstant ces prix élevés, le segment de l'immobilier de luxe a affiché une solide progression des prix de 4% en 2018, la plus forte depuis 2013. Les tarifs ont bondi de 9% autour du lac Léman et de 7% sur les bords du lac de Zurich et en Suisse centrale. Seul le Tessin a enregistré un repli de 1%.

Alors que la région genevoise a profité d'un effet de rattrapage au niveau des prix, après plusieurs années de baisse, le repli observé au Tessin reflète un marché immobilier en difficulté au sud des Alpes, ont expliqué les spécialistes d'UBS lors d'une conférence de presse à Zurich.

Plusieurs effets négatifs se cumulent dans le canton italophone, avec notamment une suroffre conjuguée à une baisse de la population.

Faibles coûts de financement

Fait intéressant, la part des biens immobiliers dont le prix de vente est supérieur à 10 millions de francs n'a cessé de progresser ces dernières années. De 10% en 2011, leur part a atteint 21% de l'ensemble des transactions dans ce segment en 2018.

Katharina Hofer, économiste chez UBS, a expliqué cette tendance par la retenue exercée ces dernières années par les propriétaires. Face à la baisse des prix observée entre 2011 et 2016, ces derniers ont préféré conserver leur bien, tirant notamment profit des faibles coûts de financement.

Avec la réaccélération des prix à partir de 2016, le nombre de transactions a également progressé, les propriétaires en profitant pour générer des plus-values avec la cession de leur bien immobilier.

En comparaison internationale, les prix pratiqués en Suisse sont relativement modestes. Pour 63'000 dollars, un acheteur peut seulement acquérir 1 m2 à Monaco et 1,4 m2 à Hong Kong, mais 1,9 m2 à St Moritz et 2,7 m2 à Genève.

Hormis le taux de change, les aléas géopolitiques influencent la demande pour les villas haut de gamme, trois acheteurs sur quatre étant des étrangers. Le refroidissement conjoncturel mondial attendu cette année risque donc de réfréner les ardeurs acheteuses en 2019, a précisé Mme Hofer.

(ats)

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