Basketball: Comme une partie de poker

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BasketballComme une partie de poker

Depuis le 1er juillet, je suis en quête d'un nouveau club de NBA. Une période aussi passionnante que compliquée.

par
Thabo Sefolosha
Jean-Guy Python

Pour la deuxième fois de ma carrière, je me retrouve sans contrat et donc agent libre. Dans une NBA qui ne sait pas vraiment comment faire face à une équipe aussi dominante que Golden State, les autres organisations ne savent pas vraiment sur quel pied danser. Faut-il attendre que l'orage passe et faire jouer des jeunes joueurs, ou tenter malgré tout de rivaliser avec les Warriors? Dans ce contexte d'indécision généralisée, trouver une équipe qui répond à mes attentes n'est pas choses aisée et cela prend plus de temps que ce que j'espérais à l'ouverture du marché.

Je suis parti à Atlanta le 1er juillet et viens d'y passer une semaine afin de discuter avec les franchises intéressées. Revenir dans la ville où je viens de passer trois ans m'a permis de revoir des amis et de m'occuper du magasin que nous gérons avec ma femme. C'était l'endroit idéal pour passer cette période. Mais je me suis vite rendu compte que cela prendrait davantage de temps pour trouver un contrat. C'est pourquoi je suis rentré hier en Suisse.

Je ne suis pas inquiet en ce qui concerne mon avenir en NBA. Je ne pense pas me retrouver sans club. Il y a tout de même trente équipes dans la ligue. Mais je me rends compte que je dois faire un choix en fonction de plusieurs aspects. Je pense à ma famille, déjà. Puis il y a l'aspect basket, évidemment. J'ai envie de sentir qu'on a besoin de moi. Que l'on me donnera un vrai rôle dans l'équipe. Je suis également sensible à la ville où nous vivrons. À 32 ans, c'est une décision qui ne se prend pas comme à 25 ans.

J'ai déjà eu quelques offres concrètes. C'est désormais comme une partie de poker. Mes agents m'appellent et me disent qui me propose quoi. J'ai des cartes en main et je dois savoir à quel moment il est le plus judicieux de les jouer. Je sais que je dois faire preuve de patience et ne surtout pas paniquer. Cela ne servirait à rien de me précipiter. Bien au contraire.

Je me rends compte que cette période est passionnante à suivre. Ça l'est un peu moins lorsque l'on est un des dominos, mais c'est très intéressant de voir qu'une signature quelque part peut avoir un impact direct sur plein de joueurs. J'avais établi une liste de deux ou trois clubs qui m'intéressaient tout particulièrement – vous comprendrez bien que je ne peux pas vous les énumérer ici – et un transfert est venu tout chambouler. Il n'y avait plus de place pour moi là-bas. C'est fou comme tout va très vite dans ce milieu.

Avant d'écrire cette chronique, j'étais encore au téléphone avec mon agent. Si une offre est en accord avec ce que je souhaite pour mon avenir et celui de ma famille, ma vie pourrait changer en une minute. C'est grisant comme sensation.

Mais, en attendant que les choses bougent plus concrètement, je profite de passer du temps en Suisse. Avouez qu'il y a pire pour patienter.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Kariem Hussein, Fanny Smith, Mark Streit et Yann Sommer.

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