14.10.2020 à 09:02

FootballComment Ancelotti a (encore) ressuscité James

Sous les ordres de Carlo Ancelotti à Everton, James Rodriguez revit. Histoire d’une filiation footballistique et humaine, entre le coach italien et le joueur colombien.

par
Florian Müller
Entre James Rodriguez et Carlo Ancelotti, le courant passe. 

Entre James Rodriguez et Carlo Ancelotti, le courant passe.

KEYSTONE

Si cela vous a échappé, c’est que vous avez mal regardé. Everton est en tête de Premier League et deux hommes sont les principaux responsables de ce crime de lèse-majesté dans la ville du champion en titre.

Carlo Ancelotti, d’abord. Arrivé en décembre 2019 sur le banc des Toffees, l’ancien coach du l'AC Milan, de Chelsea, du PSG, du Real Madrid ou encore du Bayern, au palmarès long comme un jour sans foot, a tout en douceur transmis sa cohérence footballistique à un club qui naviguait à vue jusque-là.

James Rodriguez, ensuite. Débarqué cet été en provenance d’un Real Madrid où il s’était gavé de pain noir, le Colombien de 29 ans en est à trois buts et deux passes décisives en quatre matches sous ses nouvelles couleurs. Et ce n’est là que le versant statistique de son influence sur le jeu du premier – chronologiquement parlant - club de Liverpool.

A quelques heures d’un derby de la Mersey à ne rater sous aucun prétexte (samedi, 13h30), il faut prendre le temps de s’attarder sur une filiation rare entre un entraîneur et son joueur.

Chapitre 1: Real Madrid

Quand James Rodriguez débarque au Real Madrid à l’été 2014, auréolé d’une Coupe du monde brillantissime, il trouve en Carlo Ancelotti une figure tutélaire, pour ne pas dire un père spirituel. Sa première saison est un franc succès, il s’impose dans l’entre-jeu des Merengues avant d’être élu meilleur milieu de terrain de la Liga avec 13 buts et 13 passes décisives en 29 matches.

Faute de titre, Ancelotti est démis de ses fonctions par Florentino Perez à l’été 2015, malgré le soutien du vestiaire d’alors. Autant Rafael Benitez que Zinedine Zidane abandonnent le 4-2-3-1 cher à «Carletto» et blacklistent de fait le meneur de jeu.

Zidane, qui remplacera Benitez au bout de six mois seulement, s’appuiera avec le succès que l’on connait sur un 4-3-3 avec un milieu de terrain Modric-Casemiro-Kroos. Corollaire: James Rodriguez n’a plus sa place.

Et puis, puisque les explications tactiques ne disent parfois pas tout… Son couple prend l’eau, il découvre la nuit madrilène, est en dilettante à l’entraînement. Durant sa première saison dans la capitale espagnole, James disposait d’un assistant personnel venu de Colombie pour l’aider à s’acclimater. Une fois livré à lui-même, il s’est un poil laissé aller.

Chapitre 2: Bayern Munich

En juillet 2017, James Rodriguez tente de rebondir au Bayern Munich: il est prêté par le Real Madrid pour deux saison, avec une option d’achat. C’est l’été, il fait bon flâner d’un Biergarten à l’autre dans la capitale bavaroise.

Mais le Colombien retrouve surtout à l’Allianz Arena un homme qu’il connait bien: le «Mister» Ancelotti. Les deux hommes n’auront hélas que très peu le temps de se réapprivoiser. Le 28 septembre 2017, l’Italien est démis de ses fonctions, son adjoint Willy Sagnol le remplace.

Outre le gouffre humain qui le sépare de son nouvel entraîneur, l’hiver arrive. Et qu’il peut être rude pour un homme né sous les Caraïbes, qui n’avait jusque-là connu que des destinations plus avenantes.

«Il y avait des jours où je conduisais ma voiture à 9 heures dans un froid glacial direction l’entraînement, confiait-il dans une interview à Comutricolor. Et je me demandais: «Mais qu'est-ce que je fous ici?»

Au bout de ses deux années de prêt, James retrouve l’été passé le Real Madrid – le Bayern n’a pas souhaité lever l’option d’achat. Logique. De retour en Espagne, le Colombien est à nouveau coincé face à Zidane et son système rigide: durant la saison 2019-2020, il n’apparaîtra que huit fois sur la pelouse en Liga, dont deux comme titulaire.

Chapitre 3: Everton

Au moment de se relancer après une période de doute, tous les sportifs vous le diront, rien ne vaut un retour aux fondamentaux. Comme un lendemain de veille où on lance des pâtes au gruyère.

C’est donc à Everton que James Rodriguez a choisi de se remettre dans le sens de la marche. D’abord parce que Carlo Ancelotti est à la baguette. L’année précédente, encore, «Carletto» voulait le faire venir à Naples, où il régnait alors. Mais le club transalpin n’avait pas les moyens de se l’offrir.

Si le technicien se frotte les mains de ce coup de maître – à 25 millions, c’est cadeau – il en va de même pour la cellule marketing des Toffees. Avec sa popularité en Amérique du Sud et dans la diaspora colombienne, James a 27 fois plus de followers sur les réseaux sociaux que son club.

Le club estime avoir touché 400 millions de personnes à travers le monde rien que dans les 48 heures qui ont suivi sa signature.

Et ça, c’était avant qu’il n’enchaîne les sorties de haut vol. «Il a tout: la vision, la qualité de passes et l'intelligence de jeu. C'est une vraie chance de l'avoir avec nous», saluait dans le Liverpool Echo Abdoulaye Doucouré, lui aussi arrivé cet été, en provenance de Watford.

James est un vrai 10 qui a besoin de liberté: «Carletto» le sait et le bichonne en conséquence. «En ce moment il utilise ses qualités, commentait le coach après la dernière sortie de sa pupille. Ce sont les qualités que j'ai vues à Madrid et les mêmes qualités que j'ai vues au Bayern. La qualité de James c'est de jouer simple. Son football n'est pas très compliqué parce que quand il a de l'espace, il aime utiliser sa qualité dans les transmissions et quand il n'a pas d'espace ou qu'il est sous pression, il essaye toujours de jouer simple.» Comme bonjour.

Il faut juste espérer que l’hiver ne soit pas trop rigoureux cette année dans le nord de l’Angleterre. Devoir gratter son pare-brise le matin avant d’aller à l’entraînement, ça peut bousiller un moral.

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3 commentaires
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Tickethai

15.10.2020 à 12:24

Everton sera la surprise de ce championnat. Je les imagines bien dans le top 6 à la place d'Arsenal ou Tottenham.

ch

15.10.2020 à 06:58

La chaleur est dans les stades... Normalement !

steph

14.10.2020 à 09:23

Certain que l'Angleterre est les Caraïbes européens...