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«Juliegate»«Comment j'ai suivi Julie Gayet»

A l'origine des révélations sur l'infidélité de François Hollande, le paparazzo Sébastien Valiela ne regrette rien. Il pense même avoir aidé le président français.

par
Cléa Favre
«Les gens ont le droit de savoir ce que fait leur président!» affirme Sébastien Valiela.

«Les gens ont le droit de savoir ce que fait leur président!» affirme Sébastien Valiela.

Eric Bouvet

L'actrice Julie Gayet, écharpe rouge, dans l'entrebâillement d'une porte bleue. Un homme casqué vêtu d'un long manteau sombre sortant par cette même porte. Voilà les clichés qui ont déclenché la polémique la plus bruyante du quinquennat de François Hollande. L'homme à leur origine, Sébastien Valiela, s'explique sur ce grand déballement concernant la vie amoureuse du président français.

Pourquoi vouliez-vous absolument publier cette histoire?

Chaque histoire me tient à cœur. D'autant plus quand il s'agit d'un président. C'est un challenge. J'avais aussi envie de rééditer l'exploit Mazarine (voir encadré).

Depuis combien de temps saviez-vous?

J'étais au courant depuis environ un an. Juste un peu avant que la rumeur ne se répande dans les milieux journalistiques parisiens.

Quand avez-vous décidé de passer à l'action?

C'était plus ou moins une commande de Closer. On discutait souvent de ce sujet avec sa rédactrice en chef. C'est «Le Grand journal» du 12 décembre où Stéphane Guillon a fait allusion à la relation qui nous a décidés. On s'est dit: «Ils sont quasi en train de l'annoncer. Julie Gayet elle-même (ndlr: présente sur le plateau) en rigole. C'est le bon moment!»

Comment avez-vous trouvé l'appartement?

J'ai suivi Julie Gayet au Café de Flore. Un garde du corps du président est venu la chercher et l'a amenée à cette garçonnière. Là, j'ai su que je tenais quelque chose. A partir de là, le travail m'a pris une semaine. J'avais l'adresse de Julie Gayet, celle privée de François Hollande. Et puis, l'agenda du président est accessible au public, il est en ligne, donc il était facile de savoir à quels moments ils pouvaient se voir.

Etes-vous sûr que l'homme casqué est François Hollande?

Bien sûr! Je l'ai reconnu tout de suite!

Comment?

Je connais son garde du corps personnel. Et puis, avant de faire les photos, je suis passé à deux mètres du président. J'ai vu son visage derrière la visière du casque.

Combien avez-vous touché pour ces photos?

Je ne répondrai pas à cette question. Mais c'est beaucoup plus décevant que ce que vous pensez.

Les avez-vous vendues à des médias étrangers également?

Oui, je les vends un peu partout.

Avez-vous eu un doute à un moment donné quant au bien-fondé de la publication des photos?

Jamais. A partir du moment où je me donne autant de mal pour des photos, c'est pour les publier.

Pourtant, la vie amoureuse de François Hollande relève de sa vie privée…

Je relate une information importante. L'immense impact de cette histoire montre que j'ai eu raison. Ça nous apprend des choses sur le président, sur les lacunes de son dispositif de sécurité. Je suis content que la presse française ose enfin sortir ce genre d'informations. Elle rattrape son retard par rapport aux autres pays.

Sept jours après la publication, avez-vous vraiment l'impression d'avoir servi l'intérêt public?

J'ai peut-être même servi le président! Oui, peut-être que mes photos lui permettront de clarifier sa situation matrimoniale. Et si j'ai pu l'aider, j'en suis ravi.

Vous pensez sérieusement lui avoir rendu service?

Cette situation devait être compliquée pour lui et il ne pouvait pas y passer tout son quinquennat. Il sera sûrement plus efficace dans son travail à partir de maintenant.

Et en ce qui concerne l'intérêt public?

Les gens ont le droit de savoir ce que fait leur président! Ce trait de caractère va en amuser certains, d'autres vont le désapprouver. Cette histoire nous apprend beaucoup de François Hollande, des raisons qui font qu'il n'était pas à fond dans son travail. Mais au moins on a une presse qui ose dire les choses. Cela marque un tournant avec l'autocensure et la connivence qui prévalaient jusqu'ici chez les journalistes parisiens.

Vous ne vous fixez aucune limite?

Il y a des choses auxquelles je ne touche pas: la maladie, la mort, les enfants. Par exemple, je ne couvre jamais les enterrements.

Valérie Trierweiler est toujours hospitalisée. Avez-vous au moins des remords la concernant?

Je trouve ça regrettable. Je ne peux pas dire que je m'en fous. Mais je ne me sens pas responsable de sa situation matrimoniale. Je ne suis qu'un élément qui lui a amené la vérité et c'est cette vérité qui lui a fait du mal. Cette information serait sortie tôt ou tard. Tout le monde savait. Peut-être qu'elle aussi.

Vous attendiez-vous à un tel tsunami médiatique?

Pas de cette ampleur-là. En général, je ne donne jamais mon nom. Mais là, j'ai donné une interview à RTL et à votre journal pour mettre les choses au clair. Car j'ai entendu tout et n'importe quoi, comme par exemple que ce sont des sarkozystes qui m'ont envoyé.

En 1994, il avait déjà révélé Mazarine au monde

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