Football: Comment Sion et Xamax relèvent le défi des 1000 personnes

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FootballComment Sion et Xamax relèvent le défi des 1000 personnes

Tourbillon et la Maladière accueilleront 1000 personnes ce mercredi soir au prix d'une organisation épineuse et de conséquences loin d'être réjouissantes.

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Sport-Center
La Maladière, l'antre de Neuchâtel Xamax, va accueillir 1000 personnes ce mercredi soir pour la réception de Bâle.

La Maladière, l'antre de Neuchâtel Xamax, va accueillir 1000 personnes ce mercredi soir pour la réception de Bâle.

Keystone

C'est un nouveau pas en avant dans le - long - retour à la normale du football en Suisse. Ce mercredi soir, Sion et Neuchâtel Xamax vont accueillir 1000 personnes dans leur antre, pour les rencontres face au Servette et Bâle. Malgré un timing serré, puisque le Conseil fédéral a annoncé ses nouvelles mesures lundi après-midi, les deux clubs romands ont décidé de marquer le coup à l'occasion de ces affiches de gala.

D'un côté comme de l'autre, l'ensemble des places disponibles a été réservé aux abonnés. Xamax totalisera un peu moins de 900 spectateurs contre les Bâlois, là où Sion a distribué 800 sésames, auxquels s'ajouteront les officiels pour atteindre la barre des 1000 personnes. L'organisation, à la hâte, s'est révélée particulièrement difficile. «Vu le peu de temps qu'on avait, la solution la plus simple aurait été de rester à 300 personnes, affirme Tim Guillemin, responsable de la communication au FC Sion. On a décidé de relever ce gros défi pour faire plaisir à nos abonnés.» «Avec 300 personnes, c'est facile parce qu'on ouvre une seule tribune, abonde Sébastien Egger, son homologue de Neuchâtel. Là, on a trois fois plus de boulot et de frais.»

Une répartition à penser

Le casse-tête a débuté par la sélection des heureux élus. Xamax a choisi de procéder sur le principe du «premier arrivé, premier servi». «C'était l'option la plus rapide et équitable», justifie Christophe Duc, responsable de la sécurité au club. En Valais, chaque abonné a reçu un mail indiquant la marche à suivre et les places sont revenues à ceux qui se sont montrés les plus réactifs aux heures indiquées.

Puis vient la question de la répartition dans le stade. À la Maladière, trois des quatre tribunes seront ouvertes et hébergeront chacune 300 supporters. Ces derniers disposeront de places numérotées, afin de laisser 1,50 mètre de distance. À Tourbillon, les deux tribunes à disposition, la principale et son vis-à-vis, seront divisées en plusieurs secteurs. Petite subtilité: les personnes de la même famille seront autorisées à s'asseoir côte à côte à condition de porter un masque. «Comme le match sera retransmis à la télé, on ne veut pas laisser penser que des gens sont à côté à cause d'une faille de la sécurité», lâche Tim Guillemin.

«Le manque à gagner va être énorme»

Contrôlée au sein des enceintes, la distance de sécurité sera en revanche laissée entre les mains des supporters à l'extérieur. Sion prévoit tout au plus un marquage au sol, notamment aux points de rencontre, et Xamax s'en remet au sens commun. «Les gens sont grands et responsables, ils savent ce qu'ils ont à faire», assure Christophe Duc.

Enfin, le personnel stadier grimpera d'une quarantaine de personnes à Neuchâtel à une soixantaine chez les Sédunois. Des effectifs qu'il faudra rémunérer. Ajouté à l'absence de recettes de billetterie, puisque les places ont été réservées aux abonnés, cela entraîne inévitablement la perspective d'une perte d'argent. «En soi, le coût d'un match n'est pas si élevé. Ce qui est problématique, c'est le manque à gagner. Et avec une réception comme Bâle, il va être énorme», confie Sébastien Egger, le responsable communication de Xamax.

Aucun des deux clubs ne se risque à estimer la future perte liée à l'organisation des matches de ce mercredi soir. Parce que la situation est inédite, défendent-ils. Mais aussi parce qu'en coulisses, la ligue fait pression pour éteindre l'incendie et voit d'un très mauvais oeil la fuite de chiffres alarmants.

«On n'a rien à y gagner financièrement. Si on accueille 1000 personnes, c'est uniquement pour faire plaisir à nos abonnés», conclut Tim Guillemin.

Un pas en avant, certes, mais douloureux.

Brice Cheneval

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