Actualisé

Formule 1Commentaire: Alonso à la poursuite de ses rêves

Le pilote espagnol a décidé de ne pas briguer de volant en F1 la saison prochaine. Le point de vue de notre spécialiste.

par
Luc Domenjoz

Fernando Alonso est passé à côté d’une carrière immense. Bien sûr, l’Espagnol a remporté 32 victoires en 303 Grands Prix, ça n’est pas rien, et seuls cinq pilotes ont fait mieux que lui (dans l’ordre: Michael Schumacher, Lewis Hamilton, Alain Prost, Sebastian Vettel et Ayrton Senna).

Au soir de son deuxième titre de champion du monde, en 2006, à 25 ans à peine, il venait de signer pour McLaren et s’apprêtait à piloter la meilleure voiture en 2007. Chez Ferrari, son rival Michael Schumacher prenait sa retraite: plus rien ne semblait pouvoir empêcher Fernando Alonso de dominer la Formule 1 pour de longues années.

Pourtant, ce titre 2006 restera finalement le dernier qu’il ait obtenu. En 2007, le rêve se transforma vite en cauchemar en raison d’une cohabitation impossible avec un débutant, Lewis Hamilton. Fernando Alonso décida de quitter l’écurie anglaise pour aller n’importe où ailleurs, ce fut Renault. Et deux années «sans».

Pour 2010, l’Espagnol signa avec Ferrari. Il aurait pu devenir champion dès sa première année avec la Scuderia sans une stratégie ratée pendant la dernière course, à Abu Dhabi.

En 2014, Luca di Montezemolo, le directeur de la Scuderia, fut remercié par Sergio Marchionne, le patron de Fiat. Fernando Alonso décida alors de quitter Ferrari. Encore un mauvais choix: quelques semaines plus tard, son grand ami Maurizio Arrivabene était nommé à la tête de l’écurie italienne et entamait son redressement. Trop tard: l’Espagnol avait rejoint McLaren. Sur le papier, l’idée était bonne: McLaren se retrouvait associée à Honda, un tandem qui avait fait les beaux jours de la F1 à la fin des années 80.

Hélas pour Fernando Alonso, c’était une nouvelle erreur d’aiguillage: les moteurs actuels sont infiniment plus complexes que les V12 atmosphériques de l’époque «Prost et Senna», et les McLaren-Honda ont cumulé les problèmes. De 2015 à ce jour, Fernando Alonso ne monta plus une seule fois sur le podium.

Lassé de ces mauvais choix de carrière, l’Espagnol s’est diverti en Indycar l’an dernier et en endurance cette saison, chez Toyota. Une aventure qui lui a permis de remporter les 24 Heures du Mans, et qui le fait rêver à la triple couronne (c’est-à-dire la victoire au Grand Prix de Monaco, aux 24 Heures du Mans et aux 500 Miles d’Indianapolis). A ce jour, seul le Britannique Graham Hill a réussi cet exploit, et il ne manque plus que la classique américaine pour que Fernando Alonso inscrive son nom à sa suite.

Ce sera peut-être pour 2019: après avoir annoncé sa décision de suspendre sa carrière en F1 à la fin de la saison actuelle (mais il n’est pas question de retraite), il semble probable que l’Espagnol dispute la saison prochaine en Indycar. Avant, pourquoi pas, de revenir à la F1 en 2020 si une écurie compétitive veut bien de lui…

A 37 ans, écœuré par ses errements, Fernando Alonso quittera donc les paddocks de F1 à la poursuite de son rêve américain. C’était ce qu’il avait de mieux à faire, tant il était triste de voir son talent gâché au volant d’une voiture peu compétitive. Le cas de Fernando Alonso rappelle qu’un champion doit aussi savoir négocier sa carrière, et rejoindre les bonnes écuries au bon moment.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!