Actualisé 29.11.2019 à 11:00

FootballCommentaire: Bâle aurait mieux fait d’adopter un profil bas

Le club rhénan a déposé recours contre la sanction de quatre matches de suspension frappant son capitaine Valentin Stocker, expulsé contre Servette. A nos yeux, c’est choquant.

par
Sport-Center
L'international a pris 4 matches.

L'international a pris 4 matches.

Keystone

Il est des comportements indéfendables et celui de Valentin Stocker, croyant malin d’aller bousculer l’arbitre de Servette-Bâle samedi dernier au coup de sifflet final, en fait partie. Karim Abed a très justement dégainé en brandissant son carton rouge au nez du capitaine du FCB. L’expulsion de l’impénitent Stocker devait valoir quatre matches de suspension à celui-ci, suite à une sanction prononcée en début de semaine par le juge de l’ordonnance disciplinaire, évoquant un comportement «grossier, offensant et insultant envers l'arbitre» dans ses considérants.

Soyons clairs. Autant que le geste lui-même sinon davantage, la Ligue a réprimandé l’attitude déplaisante du joueur. Stocker avait même ironisé sur la nationalité – en l’occurrence française – du directeur de jeu, laissant percevoir de bien tristes relents de racisme ordinaire. Voilà qui ressemblait fort à un délit de sale gueule.

Le message, en tout cas, se voulait clair: comment un Français a-t-il osé s’attaquer à sa majesté alors même que les joueurs du puissant FC Bâle, confrontés à des arbitres helvétiques parfois accusés de complaisance (sans doute involontaire), ont l’habitude de jouir d’une certaine impunité, ce dont ne manquent pas de se plaindre leurs adversaires à longueur de championnat.

Au moment d’exprimer sa frustration sur la pelouse de la Praille, l’ancien international helvétique s’était permis tout ce que l’on interdit aux gamins dans les écoles de foot, lorsque les éducateurs leur apprennent qu’un arbitre est sacré et qu’il convient donc de le respecter, peu importe la performance de ce dernier, en toutes circonstances. Super exemple...

Quatre matches pour réfléchir et prendre conscience de la stupidité de son comportement, il n’y avait là rien de très scandaleux, chacun peut aisément en convenir. Ainsi l’histoire aurait-elle normalement dû s’arrêter là. Or ce ne sera pas le cas car l’on a appris que le FC Bâle a très élégamment décidé de déposer recours en faisant opposition, perdant là une belle occasion de se la coincer. Plutôt que de tirer les oreilles de son chenapan de capitaine, ses dirigeants ont préféré absoudre Valentin Stocker en le dédouanant de son geste.

Alors bien sûr, le club rhénan est dans son strict bon droit de faire opposition, ce qui est d’ailleurs l’usage en la matière. A nos yeux, il y a pourtant quelque chose de pathétique voire d’indécent à le voir utiliser l’arsenal juridique à sa disposition pour «mendier» un ou plusieurs dimanche de rabais. Cela ne fait que contribuer à brouiller autant le message à l’intention des amoureux du football (regardez, s’attaquer à un arbitre n’est pas si grave que ça…) que fouler le devoir d’exemplarité que l’on est en droit d’attendre des stars de notre championnat. Au lieu de sanctionner à son tour le sans-gêne de son No 14, ce qu’il aurait eu tout loisir de faire, son employeur donne aujourd'hui l’impression de l’encourager.

Sur ce coup-là, on aurait juste envie de bousculer à son tour le FC Bâle et de lui asséner un carton rouge supplémentaire pour son manque de jugeote et de fair-play. Rien ne dit pour autant que la commission de recours allégera le verdict en deuxième instance. Les juges de Muri pourrait tout à la fois confirmer la sentence de l’accusé (automatiquement suspendu ce week-end), voire alourdir la peine. Au-delà de la forme, Bâle aurait mieux fait d’adopter un profil bas sur le fond. Il faut croire que se faire «tout petit» pour la bonne cause n’appartient pas aux habitudes de la maison.

Nicolas Jacquier

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