Hockey sur glace - Commentaire: Bertschy à Fribourg, un désaveu pour Svoboda et le LHC
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Hockey sur glaceCommentaire: Bertschy à Fribourg, un désaveu pour Svoboda et le LHC

Comme nous vous l’annoncions vendredi en exclusivité, Christoph Bertschy a signé un contrat de sept ans avec Fribourg-Gottéron à compter de 2022. Le départ de l’international suisse n’annonce rien de bon pour le LHC.

par
Cyrill Pasche
 Petr Svoboda, le directeur des opérations hockey du Lausanne HC. 

Petr Svoboda, le directeur des opérations hockey du Lausanne HC.

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Cette fois-ci, Petr Svoboda ne peut plus se cacher derrière ses innombrables excuses. Le LHC, qui vise les honneurs suprêmes, n’a pas réussi à conserver Christoph Bertschy, son meilleur joueur actuel, toutes nationalités confondues. Nous l’annoncions en exclusivité vendredi: l’international suisse deviendra un Dragon à compter de la saison prochaine pour les sept (!) prochaines années. FR Gottéron a confirmé notre information ce dimanche.

Pour le Lausanne HC et Petr Svoboda en particulier, le départ prochain de Bertschy est un terrible désaveu. Qu’en est-il désormais du fameux plan de cinq ans tant vanté, celui qui devait permettre au LHC de remporter un titre et de devenir l’une des adresses les plus prisées de la ligue d’ici à 2025?

En un peu plus d’une semaine, Svoboda n’a pas réussi à retenir Denis Malgin (qui a utilisé la première porte de sortie, un éventuel contrat en NHL, afin de s’engager pour 5 ans avec les ZSC Lions) ni Christoph Bertschy, les deux meilleurs attaquants à passeport suisse de l’histoire moderne du club. Le Tchèque s’est encore débarrassé de Josh Jooris vendredi (le Canado-Suisse joue désormais à Genève). Il y a une année, deux des meilleurs attaquants de l’équipe (l’international Joël Vermin et Tyler Moy) étaient expédiés aux Vernets en échange de trois joueurs de second plan. Cela fait deux étés aussi que Svoboda tente de liquider (sans succès) Joël Genazzi, la dernière figure d’intégration du LHC.

Quel est le message, et surtout quelle image le LHC véhicule-t-il désormais à travers le pays? Les meilleurs joueurs, si ce n’est pour y toucher de très bons salaires, ont-ils encore un quelconque intérêt à s’engager au LHC tant que Svoboda sera à la tête des «opérations hockey»? De club promis à un avenir doré sur le plan sportif et économique, le LHC est devenu le symbole même de l’instabilité sportive. Le tout en quelques mois seulement…

Personne ne peut en vouloir à Christoph Bertschy d’avoir saisi la première (belle) opportunité pour déguerpir à son tour. Peu importe si Svoboda clame que «Lausanne a fait tout son possible pour le retenir» et que le contrat de sept ans offert par Fribourg (contre quatre par Lausanne) est ce qui a finalement fait toute la différence. Lorsque l’on gravite dans les très, très hauts salaires, ce n’est plus vraiment une question de quelques dizaines de milliers de francs en plus ou en moins, mais bien de perspectives sportives et surtout humaines.

Et franchement, quel «top player» pourrait encore, actuellement, s’imaginer un avenir à Lausanne dans des conditions aussi instables? D’ailleurs, si l’on se fie à la logique «svobodienne», la prochaine étape ne sera-t-elle pas de se débarrasser au plus vite de Christoph Bertschy, qui vient de l’éconduire publiquement? Et donc de plomber encore davantage une équipe qui, il n’y a pas si longtemps de cela, était sacrément bien partie pour devenir une des premières puissances du circuit.

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