Hockey sur glace – Commentaire: chaque contact ne peut pas être pris comme une agression
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Hockey sur glaceCommentaire: chaque contact ne peut pas être pris comme une agression

L’attaquant de GE Servette Marc-Antoine Pouliot a percuté un arbitre mercredi. Dans un sport qui va de plus en plus vite, on ne peut pas lourdement sanctionner chaque collision avec les directeurs de jeu.

par
Cyrill Pasche
Marc-Antoine Pouliot, buteur contre FR Gottéron, a percuté un arbitre quelques minutes plus tard. 

Marc-Antoine Pouliot, buteur contre FR Gottéron, a percuté un arbitre quelques minutes plus tard.

Eric-Lafargue

A moins qu’il s’agisse clairement d’une agression ou d’un coup de sang évident, on ne peut pas lourdement sanctionner chaque contact, aussi dur soit-il, avec un des quatre directeurs de jeu. Ceux-ci font partie du jeu, au même titre que les joueurs.

Un jeu qui va de plus en plus vite, avec des hockeyeurs de plus en plus athlétiques et dynamiques. Les arbitres, d’ailleurs, sont aussi des athlètes. Généralement, au-delà des noms d’oiseaux qui peuvent parfois être échangés durant un match, le respect est très élevé entre deux camps qui se connaissent bien et se côtoient à longueur d’année.

Marc-Antoine Pouliot a percuté Micha Hebeisen un peu comme vous pourriez entrer en collision avec un piéton lorsque que chacun décide jusqu’à la dernière seconde de passer du même côté du trottoir.

Marc-Antoine Pouliot a percuté Micha Hebeisen mercredi soir (37e minute), un peu comme vous pourriez entrer en collision avec un piéton lorsque que chacun décide jusqu’à la dernière seconde de passer du même côté du trottoir (à gauche, non à droite, non à gauche, etc).

Oui, l’arbitre, logiquement, est tombé. C’est ce qui arrive généralement sur des patins lorsque l’on ne s’attend pas à une charge et qu’on ne la voit pas venir. Faut-il pour autant punir lourdement l’attaquant des Aigles? Non.

On peut même rembobiner le fil de match pour en avoir le coeur net. Pour quelque raison, Pouliot aurait-il pu avoir de mauvaises intentions? Non. Avant cette 37e minute, il ne s’était rien passé de particulier entre le joueur et l’arbitre. Pouliot avait marqué un but à la 30e et n’avait écopé d’aucune pénalité (tout comme GE Servette d’ailleurs). Il n’avait aucune raison de se sentir lésé ni de nourrir une quelconque animosité envers Micha Hebeisen. Lui serait-il ainsi soudainement venu à l’esprit de vouloir percuter volontairement un directeur de jeu? Non.

Toujours au même endroit

«Etonnamment (ou pas), la plupart des incidents de ce type se produisent exactement au même endroit: dans les coins de la patinoire, là où il y a le plus de traffic et de chaos.»

Etonnamment (ou pas), la plupart des incidents de ce type se produisent exactement au même endroit: dans les coins de la patinoire, là où il y a le plus de traffic et de chaos. Les changements de direction sont nombreux, les joueurs essaient de créer des surnombres (cycling). Voici un endroit où il faut avoir des yeux derrière la tête et où tant de choses se produisent en même temps. Les joueurs doivent activer leur vision périphérique pour capter tout ce qui se passe autour d’eux tout en gardant un oeil sur le puck.

Faut-il vraiment qu’un arbitre vienne précisément se positionner au beau milieu de tout ce chaos et ajouter un élément de plus dans une zone déjà bondée? Les arbitres, eux-aussi, sont responsables de leur positionnement sur la glace.

L’arbitre fait partie du jeu et mérite le plus grand respect. Mais les collisions ne sont pas toutes évitables, malheureusement. L’ériger en figure sacrée et intouchable du hockey sur glace est une relique du passé. Chaque contact avec un directeur de jeu ne doit pas systématiquement être considéré comme une agression.

Marc-Antoine Pouliot, qui s’est excusé auprès de Micha Hebeisen, mérite peut-être qu’une enquête soit ouverte, pour la forme. Mais il ne mérite en tout cas pas d’être lourdement sanctionné.

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