24.10.2020 à 07:56

CoronavirusCommentaire: comment faire pour faire bien?

Les cantons romands ont pris des mesures drastiques à l’égard du sport. Le commentaire de notre journaliste à ce sujet.

von
Renaud Tschoumy
Le sport amateur est désormais à l’arrêt.

Le sport amateur est désormais à l’arrêt.

KEYSTONE

«Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser»: c’est par cette phrase de William Shakespeare que les organisateurs du Marathon de Lausanne, qui devait avoir lieu dimanche et qui a été officiellement annulé jeudi, ont conclu le message qu’ils ont adressé aux coureurs et coureuses qui s’étaient inscrits à leur manifestation.

Comme pour leur venir en écho, tous les cantons romands – et bientôt suisses – ont prononcé l’arrêt total des sports de contact au niveau amateur, en même temps qu’ils définissaient des limites (allant du huis clos à 1000 spectateurs) pour les enceintes des équipes professionnelle.

Une fois de plus, une deuxième fois après un printemps que l’on imaginait unique, le sport suisse se retrouve donc à l’arrêt. Autour de nous, dans les pays voisins, les compétitions continuent tant bien que mal, mais pour combien de temps encore?

Combien de temps avant que la France ou l’Angleterre (au hasard) n’édictent un nouveau stop total? Combien de temps avant que l’UEFA ne se décide à interrompre une Ligue des champions partie sur des bases chancelantes? Combien de temps avant qu’on ne parle d’un éventuel nouveau report de l’Euro ou des Jeux olympiques, deux compétitions déjà repoussées de 2020 à 2021?

Parce que le sport est un vecteur de communion et un élément rassembleur, il est au centre de la propagation de Covid-19 qui nous frappe depuis le début de l’année. Il est donc un des premiers secteurs visés lorsqu’il s’agit d’interrompre une augmentation spectaculaire des infections.

Mais il ne saurait être tenu pour unique responsable de cette nouvelle propagation. Les clubs professionnels ont pris des mesures drastiques, saluées et efficaces. C’est la raison pour laquelle ils ont encore le droit d’évoluer en compétition – mais, bis, pour combien de temps encore?

Reste que les équipes ou les sportifs individuels amateur(e)s sont désormais condamné(e)s à l’inactivité. Pour leur bien et celui de la population tout entière.

Et c’est là toute l’ambivalence des problèmes qui sont soumis à nos décideurs. Pris comme dans un étau entre nécessité et raison, ils se doivent de statuer, en pensant à la santé publique en premier lieu, mais aussi à l’économie des clubs.

Le sport étant par définition bon pour la santé, il faut qu’il soit doté de structures suffisantes pour qu’il puisse faire du bien à tout un chacun. Mais si les sociétés sportives disparaissent les unes après les autres, il va leur être difficile de propager ces bienfaits. Une fois la pandémie vaincue, les conséquences encore invisibles de ces mesures ne seront-elles pas trop graves pour la société? Il faut l’espérer.

En conclusion, la deuxième vague qui frappe la Suisse et l’Europe depuis quelques semaines nous ramène à un constat: comment faire pour faire bien? Là est toute la question. Et le fait d’embrasser ce qui ne peut être évité ne résoudra rien. N’en déplaise à Shakespeare.

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36 commentaires
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Requin

25.10.2020 à 10:12

Vous voulez quoi au fait,le fric ou la santé ?Que les autorités assument et prennent des décisions réalistes !Regardez la Chine mesures drastiques et très sévères envers ceux qui ne veulent rien savoir ! Résultat pas de deuxième vague !!! Bien sûr les détracteurs de la Chine diront que cela est faux !Nous par contre nous allons tout droit vers la 3 ème vague !!!!

Pierre Erreip

24.10.2020 à 11:22

Très bonne la citation de Shakespeare, mais il faut l'appliquer à la covid pas au Marathon de Lausanne: Il faut vivre avec le virus et l'attraper si on doit l'attraper, comme l'humanité l'a toujours fait, c'est le seul moyen d'être plus fort que lui un jour. Tout arrêter, se cloîtrer, avoir peur, c'est simplement augmenter le temps qu'il faudra pour que ce virus devienne un virus "normal" comme ceux de la grippe saisonnière ou du rhume.

Achilles

24.10.2020 à 11:22

Des jeunes ne peuvent plus faire de sport mais surtout il ne faut pas interdire aux chorales de se réunir et aux concerts de se dérouler. Les politiciens sont à vomir avec leurs mesure à deux vitesses qui favorisent leur seuls intérêts.