FOOTBALL: Commentaire: Grosso devra donner un coup de pied dans la fourmilière
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FOOTBALLCommentaire: Grosso devra donner un coup de pied dans la fourmilière

L’arrivée du champion du monde transalpin 2006 sur le banc du FC Sion va redistribuer les cartes à Tourbillon. L’Italien débarque sans à priori, ce qui devrait contribuer à effacer les cicatrices du passé.

par
Nicolas Jacquier
Fabio Grosso, en novembre 2019, lorsqu’il entraînait Brescia, une expérience de courte durée, qui avait pris fin après seulement trois défaites.

Fabio Grosso, en novembre 2019, lorsqu’il entraînait Brescia, une expérience de courte durée, qui avait pris fin après seulement trois défaites.

Keystone

Il faut croire que le FC Sion et son président aiment les champions du monde. Huit ans après avoir rapatrié Gennaro Gattuso à Tourbillon (d’abord en tant que joueur puis de coach), Christian Constantin a choisi de faire de Fabio Grosso, son nouvel entraîneur.

A 42 ans, l’ancien latéral gauche de la Squadra Azzurra ne manque pas de références au moment de succéder à Paolo Tramezzani à Tourbillon. Avoir défendu les couleurs de notamment l’Inter Milan et de la Juventus, disputé plus de 200 matches de série A et 25 de Ligue des Champions dans une carrière, voilà qui vous pose un gaillard.

Gattuso et Grosso ont en commun une finale de Coupe du monde remportée à Berlin en 2006 contre la France, le nouvel occupant du banc valaisan s’étant fait l’auteur du penalty victorieux lors de la séance de tirs au but.

Amoureux des belles cylindrées rutilantes, le boss du FC Sion n’a pas oublié que c’est avec Alberto Bigon qu’il avait naguère obtenu ses meilleurs résultats (dont le doublé coupe-championnat en 1997). Cela commence à dater certes, mais traduit sa passion immodérée pour la culture italienne et ce qu’elle implique.

En 2014, CC avait ainsi voulu retenter le même coup avec Claudio Gentile, mais le champion du monde 1982, pressenti alors pour remplacer Raimondo Ponte, ne s’était jamais présenté au moment de son intronisation sur le banc valaisan!

Champion dans l’art de brouiller les pistes

Préféré cette fois au Français Valérien Ismaël (ex-Wolfsburg et Linz) et au… champion du monde transalpin Massimo Oddo (ex-Udinese et Perugia), Grosso a aussi rejeté dans la bordure l’offre de service de Mécha Bazdarevic, à qui l’on a fait miroiter le poste mais qui a surtout fait diversion avant d’être recalé comme il l’avait déjà été trois mois plus tôt au moment de devoir remplacer le néophyte Ricardo Dionisio.

Exit aussi les prétendants Jeff Saibene et Andrea Binotto – autant de pare-feux destinés à noyer le poisson. Quand il s’agit de brouiller les pistes, sans doute n’existe-t-il pas meilleur dribbleur que Christian Constantin au FC Sion.

L’arrivée de Grosso à Tourbillon représente surtout aujourd’hui la possibilité de balancer un immense coup de pied dans la fourmilière. Débarquant sans à priori négatifs, l’Italien se retrouve avec une page blanche devant lui, une histoire à écrire, des compteurs remis à zéro et l’avantage pour chaque joueur de montrer ce qu’il vaut.

Mis dans la bordure ces dernières semaines, des éléments doivent désormais se révéler – on peut penser à Yassin Fortune et à Jared Khasa en priorité. Ce qui n’aurait pas été le cas si le boss du FC Sion s’était obstiné à jouer les prolongations avec Tramezzani. Au-delà des sourires de circonstance dictés par la réussite de l’«opération maintien», des clans étaient rapidement apparus et plusieurs éléments avaient déjà manifesté leur désir de ne plus travailler sous ses ordres.

S’affranchir des ombres du passé

Avec Fabio Grosso, tout est à faire et à créer, ce qui peut à la fois être perçu comme un avantage et une crainte. Au moment de sa prise de fonction officielle ce mercredi, demeure une question essentielle: comment le nouveau venu s’adaptera-t-il au microclimat si particulier régnant à la «Porte d’Octodure»? Dans une saison qui s’annonce de toute manière déjà particulière avec la présence encombrante du Covid-19, Grosso devra rapidement s’affranchir des ombres du passé pour imposer sa ligne de conduite.

En attendant le verdict du toto-mat, Sion a réussi ce mardi le premier très gros coup du mercato estival en s’offrant les services d’un champion du monde. Tant le CV du successeur de Tramezzani en impose en tant que joueur.

Ses références comme technicien demeurent pour le moment nettement plus modestes. Après deux expériences en série B (Bari et Hellas Vérone), son passage à Brescia, son dernier banc connu, n’avait pas excédé un mois, s’arrêtant déjà en décembre 2019 après trois défaites sans le moindre but inscrit.

Pour Fabio Grosso, sa première étape à l’étranger peut être l’occasion de relancer une carrière peinant à décoller dans son pays. Pour le FC Sion, celle de vivre enfin une saison moins tourmentée que les précédentes.

L’avenir dira si c’est un vœu pieux.

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