Qatar 2022: Commentaire: Il ne reste que la honte au bras

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Qatar 2022Commentaire: Il ne reste que la honte au bras

Les sept sélections européennes, dont la Suisse, se sont inclinées devant les pressions de la FIFA: pas de brassard «One Love».

par
Daniel Visentini
(Doha)

D’abord, honte à la FIFA, pour les menaces minables (un carton jaune au capitaine dès le début de la rencontre) qui ont conduit à l’a l’abandon de l’opération. Il n’y avait là rien d’autre qu’un message d’amour, un seul amour, quel qu’il soit, dans la diversité. Que cela plaise ou pas au Qatar et à ses lois n’est même pas la question. Le message n’avait rien d’insultant, ce n’était pas une provocation: quand on organise une Coupe du monde, on doit s’attendre à voir plusieurs idées être confrontées. L’échange, c’est ça.

On ne sait d’ailleurs pas comment l’interdiction s’est formalisée. Mais de deux choses l’une: soit le Qatar a fait pression sur la FIFA pour que cet «horrible» brassard d’amour, qui n’avait posé problème nulle part depuis le mois de septembre, ne vienne pas bouleverser les conceptions locales de la diversité, recevant en retour l’accueil servile de l’organe faîtier du foot mondial; soit la FIFA, dans un même souci servile, a devancé les désirs qatariens, on n’est jamais autant veule que quand on s’invente une «moraline». Dans les deux cas, c’est moche.

Mais il y a une part d’abdication aussi de la part des fédérations. On comprend la pression mise sur les capitaines des sélections. Un carton jaune en début de rencontre, un tacle trop appuyé à la 26e minute de jeu et c’est un second avertissement, autrement dit une expulsion. Le prix inique du dilemme imposé par la FIFA.

Pourtant, on a rêvé un instant, un instant seulement, que dans un mouvement commun, en accord avec toutes les équipes et tous les capitaines, les sept sélections menacées ignoreraient la sommation. Par bravade, pour prendre le risque, oser. Défier la FIFA, par-delà les conséquences, pour un intérêt supérieur.

Cela aurait eu de la gueule. Il aurait juste fallu un peu de courage…

Finalement, Granit Xhaka, comme les autres capitaines européens, ne portera pas le brassard «One Love».

Finalement, Granit Xhaka, comme les autres capitaines européens, ne portera pas le brassard «One Love».

IMAGO/Laci Perenyi

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