Football: Commentaire: il n’y a pas de bon coach pour le FC Sion
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FootballCommentaire: il n’y a pas de bon coach pour le FC Sion

Fabio Grosso viré, voilà qui repose à Tourbillon la question centrale de la responsabilité des joueurs eux-mêmes. Plus qu’un entraîneur, le club valaisan aurait besoin d’un contingent prêt à se «sacrifier», ce qui n’est pas le cas.

par
Nicolas Jacquier
Fabio Grosso (ici à l’entraînement avec ses joueurs lors de la reprise de janvier) s’en va en laissant derrière lui l’un des pires bilans chiffrés comme coach du FC Sion: 0,96 point par rencontre. 

Fabio Grosso (ici à l’entraînement avec ses joueurs lors de la reprise de janvier) s’en va en laissant derrière lui l’un des pires bilans chiffrés comme coach du FC Sion: 0,96 point par rencontre.

Urs Lindt/freshfocus

Christian Constantin a toujours adoré les bolides au cheval cabré, la Juventus, qu’il chérit par-dessus tout, le jeu à l’italienne et les techniciens transalpins. C’est d’ailleurs avec l’un d’eux, Alberto Bigon, qu’il a connu ses plus beaux succès sportifs.

Et c’est encore avec davantage de fierté qu’il avait sorti de sa manche, en août dernier, Fabio Grosso, débarquant en Valais auréolé de son statut de champion du monde 2006. Voilà qui vous pose un bonhomme, on allait pouvoir le vérifier lors de sa présentation officielle. Mais la réalité allait se charger de rattraper le coach Grosso, confronté à des situations toujours plus inextricables au fil des mois.

Il manquait toujours quelque chose d’autre

Il convient de rappeler ici qu’à la Porte d’Octodure, les résultats, d’abord plutôt positifs, ont longtemps fait office de paravent destiné à masquer la pauvreté du jeu présenté. Sion jouait certes parfois bien, s’approchait même d’une forme d’identité, sans jamais parvenir pour autant à exprimer un potentiel demeuré trop souvent inexploité. Car à côté de l’esquisse d’un saut de qualité, il manquait toujours quelque chose pour franchir un vrai palier. Et surtout toujours quelque chose d’autre

Le Covid, les quarantaines en série, les blessures, des transferts trop souvent alibi, tout cela n’a bien sûr pas joué en faveur de Grosso, lui-même affecté par le virus. Mais l’homme a su faire face: il s’est mis à bricoler toujours plus, jonglant avec ses formations de départ sans trouver la stabilité défensive qui aurait pu sauver l’ancien latéral.

Le boss de Tourbillon a toujours noué des relations passionnées avec ses différents coaches quand bien même l’épilogue est lui toujours resté le même. Dans le cas de Grosso, le rapport était cette fois-ci plus familial encore. Sans risque de se tromper, on peut dire que CC a aimé son entraîneur, qu’il manifestait de la tendresse pour lui sans quoi il n’aurait pas hésité à s’en débarrasser bien plus tôt - ce ne sont pas les occasions qui ont manqué.

Moins de salaire et beaucoup moins de jeu

Puis l’urgence sportive s’est invitée, plus vite que prévu, conséquence de matches nuls en série qui ne font pas avancer quand les autres, vos concurrents directs (Vaduz et Lucerne notamment), se mettent à gagner. Il est assez étonnant de constater que les deux plus grands fiascos de la saison, concédés à domicile contre le club de la Principauté et Lugano sans marquer le moindre but en 180 minutes, se sont produits juste après la publication d’une lettre ouverte des joueurs, lettre dans laquelle ceux-ci annonçaient renoncer à une partie de leur salaire - il n’a pas été précisé combien.

La seule baisse constatée de visu a été celle de leur jeu, tombé en déliquescence. Au point de se demander quel est le réel degré d’investissement de joueurs davantage intéressés, à quelques exceptions près, par leur avenir personnel que la défense du maillot qu’ils portent et sont censés honorer.

Qui ressemble à Chris McSorley?

Alors oui, Fabio Grosso n’a certainement pas fait tout juste (on pense à sa gestion du contingent) et il n’est pas question ici de le dédouaner. Mais il y a vraiment lieu de s’interroger sur le rôle des joueurs eux-mêmes dans la crise sans fin que traverse le club valaisan depuis plusieurs saisons maintenant. À Tourbillon, on ne cesse de cultiver une solidarité de façade. On aime évoquer de façon nostalgique le fameux état d’esprit valaisan, sauf qu’il n’existe plus. Ou alors de manière trop intermittente. Le club valaisan souffre de l’absence d’un projet collectif dans lequel chacun serait pleinement impliqué.

Aussi, dans la situation actuelle, n’est-on pas loin de penser qu’il n’y a pas de bon coach pour le FC Sion. À moins de se tourner vers un homme à poigne, quelqu’un qui en imposerait vraiment. Voilà qui ressemble au portrait-robot craché d’un certain Chris McSorley, lequel n’avait pas son pareil pour transcender les hockeyeurs des Vernets.

Hélas pour Sion, on n’est pas certain que sa version football existe. Ou soit libre…



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