Football - Commentaire - L’avènement de Gerardo Seoane
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FootballCommentaire - L’avènement de Gerardo Seoane

Il n’y a plus de doute à avoir: avec ce troisième titre consécutif de champion de Suisse, l’entraîneur de Young Boys est définitivement le meilleur technicien du pays. L’heure d’aller voir ailleurs?

par
Valentin Schnorhk
Ici enlacé par Jean-Pierre Nsame, Gerardo Seoane a su faire preuve d’un management précis tout au long de la saison.

Ici enlacé par Jean-Pierre Nsame, Gerardo Seoane a su faire preuve d’un management précis tout au long de la saison.

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La première fois, il avait profité de l’héritage laissé par Adi Hütter. La deuxième fois, le printemps post-Covid avait bénéficié à son équipe, à l’effectif le plus large. Et la troisième fois? Non, il n’y a pas de troisième justification à trouver. Ni de première, ni de deuxième d’ailleurs. Gerardo Seoane est le meilleur entraîneur de Suisse et c’est d’une manière tout aussi limpide qu’il est à la tête de la meilleure équipe du pays. Les trois titres de champion qu’il vient d’enchaîner avec Young Boys ne permettent vraiment plus d’en douter.

Chaque sacre a son histoire. Seoane a eu une grosse part de responsabilité dans chacun d’entre eux. En s’effaçant parfois, notamment au début, lorsqu’il a eu la bonne idée de ne rien révolutionner alors qu’YB sortait d’un premier titre depuis 32 ans. Façon de rester à sa place, pour celui qui avait débuté en Super League à Lucerne à peine quelques mois plus tôt. Une expérience à acquérir, un pli à prendre, avant de faire des choix toujours plus marqués. Le cours des choses lui donne raison.

Car ce titre est le sien. Définitivement. C’est sa gestion qui est récompensée. Celui d’un manager hors pair, qui a pris chacune de ses décisions avec une cohérence qui l’honore. Les traditionnels double ou triple changements de l’heure de jeu, qu’il a pratiqués toute la saison avec une régularité presque monomaniaque, n’ont épargné personne. Qu’importent les statuts, qu’importent les résultats. Seoane avait une idée fixe: pour arriver au titre, il fallait inclure tout le monde et préserver chacun de ses éléments. L’homme avait tout compris. En Super League, la précision de son management est à l’origine du succès d’YB.

Un examen européen déjà réussi

Et vient forcément la question de la Coupe d’Europe. Oui, Young Boys n’est pas allé plus loin que les 8es de finale (élimination contre l’Ajax Amsterdam), et pour le coefficient UEFA de la Suisse, cela est douloureux. Mais qu’on se le dise: «Gerry» Seoane, lui, a réussi son examen continental. En 16es de finale, face au Bayer Leverkusen, il a pris la mesure sur deux matches d’un Peter Bosz (finaliste de l’Europa League avec l’Ajax en 2017) qui avait pourtant tout fait pour le malmener. Cette qualification-là fait office de passeport pour s’envoler vers un grand championnat.

Pour Seoane, il est l’heure de se confronter à autre chose, de se mesurer à un contexte plus grand. Même si rien n’est pressant pour le Lucernois, qui a prolongé en décembre dernier jusqu’en 2023. Mais il faut croire ceux qui l’ont côtoyé sur son parcours, entraîneurs comme joueurs: il lit et interprète le football comme aucun autre en Suisse. Et à 42 ans, avec trois titres de champion dans sa valise, son avenir n’est déjà plus ici. Qui viendra le chercher?

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