Formule 1: Commentaire: le feu couve chez Ferrari
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Formule 1Commentaire: le feu couve chez Ferrari

Pour la troisième course consécutive, les Ferrari occupaient la pole-position du GP du Mexique. Mais elles ont dû laisser la victoire aux Mercedes. Le comble, c’est que Mattia Binotto, le patron, juge que sa stratégie était la bonne! Cherchez l'erreur...

par
Sport-Center
Les Ferrari de Charles Leclerc (à g.) et de Sebastian Vettel (à dr.) étaient pourtant parties en tête...

Les Ferrari de Charles Leclerc (à g.) et de Sebastian Vettel (à dr.) étaient pourtant parties en tête...

Keystone

Décidément, la stratégie n’est pas le point fort de l’écurie Ferrari. Depuis le doublé de Singapour, l’écurie italienne ne parvient plus à concrétiser les pole-positions qu’elle continue pourtant de cumuler. Sa voiture se pose comme la plus rapide aux qualifications, et si elle ne l’est plus forcément en course, elle devrait les gagner en profitant de sa vitesse de pointe supérieure pour empêcher les Mercedes de passer.

Mais aux erreurs des pilotes (à Suzuka), aux problèmes techniques (Sebastian Vettel en Russie), l’écurie ajoute de drôles de stratégies, manque d’imagination, et se laisse piéger par une équipe Mercedes toujours à l’affût et qui profite du moins faux-pas. A Mexico, les faiblesses de Ferrari ont fait mal: alors que les deux voitures bouclaient le premier tour aux deux premières places, la Scuderia a encore perdu une course qu’elle ne pouvait pas perdre.

Alors que le comportement des pneus en course constituait la principale inconnue de ce Grand Prix, Ferrari a décidé de diviser pour mieux régner: pour essayer de ne pas se laisser piéger, Ferrari a misé sur des stratégies différentes pour Charles Leclerc et Sebastian Vettel: le premier devait changer deux fois de pneus, le second une seule fois. A la base, la Scuderia savait qu’une des deux tactiques serait forcément meilleure, et elle sacrifiait donc l’un de ses deux pilotes. Sans savoir lequel.

Mais en course, alors qu’il est vite devenu évident que la stratégie à deux arrêts appliquée à Charles Leclerc ne serait pas la bonne, Ferrari a manqué d’initiative: lorsque Lewis Hamilton, qui roulait alors 4 secondes derrière Sebastian Vettel, s’est arrêté le premier, la Scuderia aurait dû couvrir le Britannique sans perdre une seconde en arrêtant Sebastian Vettel au tour suivant. Quitte à le sacrifier au cas où il n’aurait pas été possible de rallier l’arrivée avec les mêmes pneus - il restait toujours Charles Leclerc.

Mais les stratèges de Ferrari ont alors laissé Sebastian Vettel en piste. Tour après tour, l’Allemand perdait son avance sur la Mercedes de Lewis Hamilton, jusqu’à ce qu’elle se stabilise aux environs de 18 secondes. Comme un arrêt prenait 22 secondes à Mexico, la messe était dite. Ferrari avait à nouveau perdu une course qu’elle n’aurait jamais dû perdre - surtout avec la vitesse de pointe de sa voiture.

Le comble, c’est que Mattia Binotto refusait - comme toujours - d’admettre l’erreur de la Scuderia. Et donc la sienne. «Je pense que la stratégie à deux arrêts était la bonne stratégie, mais le deuxième relais de Charles n’était pas bon, et nous devons encore comprendre pourquoi. On s’attendait à un résultat différent, mais ceux qui étaient derrière nous (ndlr: les Mercedes) ont pris un pari, celui de s’arrêter tôt et de ne faire qu’un arrêt, ce qu’on ne tente que lorsqu’on est derrière. Alors, est-ce qu’on a été battu sur les stratégies? En fait, je pense que la nôtre était la bonne, mais avec le recul, le point de vue peut se montrer différent.»

Charles Leclerc, de son côté, s’avouait déçu qu’on lui ait appliqué la mauvaise stratégie. Encore une course que la Scuderia n’aurait pas dû perdre. Mais si le patron pense qu’elle avait raison d’agir comme elle l’a fait, on comprend que cette situation n’est pas près de s’améliorer…

En Italie, de nombreuses voix commencent à s’élever pour souligner les erreurs de Mattia Binotto, cette saison. La rumeur veut qu’il retourne à la gestion du département technique et qu’un autre patron le remplace à la direction de l’écurie - un travail très politique à l’heure où la F1 négocie le virage de 2021.

Luc Domenjoz

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