Football: Commentaire: L'Europe ferait mieux de dire merci à Manchester City

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FootballCommentaire: L'Europe ferait mieux de dire merci à Manchester City

Se réjouir de la suspension infligée à Manchester City, qui affronte le Real Madrid mercredi soir, est une hérésie, estime notre journaliste.

par
Sport-Center

Le «City Bashing» est à la mode, sur les réseaux sociaux comme au comptoir du bistrot – on les confond souvent. En bon français, il s'agit là d'une tendance, digne de la «Schadenfreude», qui veut qu'on se réjouisse de la suspension de toutes compétitions européennes pour les deux prochaines années infligée à Manchester City. «Juste sanction pour une équipe pourrie par le fric», c'est en substance la pensée dominante.

Sur le fond, il n'y a même pas de débat: oui, Manchester City ne serait pas devenue une des meilleures équipes d'Europe sans l'argent du pétrole, sans doute injecté de manière trop brutale pour satisfaire aux préceptes du fair-play financier. Pas question de remettre ici en cause la sanction: on peut en discuter la proportion, mais pas le bien-fondé. Reste que l'apport footballistique de Manchester City sur le continent ne saurait être réduit à ce constat.

Sur la dernière décennie, le football anglais, et européen par extension, doit une fière chandelle aux «Citizens». En enrôlant vite des joueurs techniques - Robinho fût le premier, viendront ensuite Tevez, Silva, Agüero, De Bruyne, Sterling pour ne citer qu'eux - et en les confiant à des entraîneurs portés vers le jeu - Mancini, Pellegrini et Guardiola - celui qui n'était alors que l'autre club de Manchester a bonifié toute la Premier League.

Les adversaires ont dû s'adapter, l'attractivité des rencontres s'en est fait ressentir et les droits télés ont augmenté en conséquence. C'est bien simple, tout le monde en a profité. Allez, courage, allons encore plus loin: si Liverpool développe le jeu unanimement reconnu qui est aujourd'hui le sien, il le doit aussi à l'adversité proposée par Manchester City.

Il s'agit donc de rappeler à ceux qui se réjouissent de voir City prendre un coup peut-être fatal à son expansion qu'il ne doit pas tout à l'argent. Vous vous demandez, nostalgique, où est passé ce bon vieux «kick and rush»? Allez faire un tour au musée des horreurs! La politique sportive audacieuse et cohérente des «Sky Blues» a accouché d'un véritable changement de paradigme outre-Manche.

Hérésie absolue et pied de nez à leurs détracteurs: des clubistes, fidèles et valeureux, ont même émergé dans les rangs des «Citizens» (Vincent Kompany ou encore David Silva). Quand on pense City, on ne doit plus uniquement penser au pognon, on est en droit d'admirer ce qui est devenu une nouvelle école du jeu à l'anglaise dont même l'équipe nationale des «Three Lions», désormais jouissive à voir évoluer, a profité.

Autant de raisons pour lesquelles il s'agit de réhabiliter Manchester City. Pas devant un tribunal, mais dans le cœur des puristes.

Un commentaire de Florian Müller

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