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FootballCommentaire: l’heure de la joie et des penalties différés

La VAR a instauré un football à retardement, en Champions League notamment. Mardi et mercredi soir, des situations ubuesques ont pollué la plus belle des compétitions et les matches s'éternisent.

par
Robin Carrel

Mardi, le PSG a vécu un sacré ascenseur émotionnel, juste avant la mi-temps, du côté de Madrid (2-2). Il y avait 1-0 pour la bande à Zinédine Zidane, quand les Parisiens ont obtenu un penalty et l’expulsion du portier adverse Thibaut Courtois. Mais non en fait!

Devant son écran, le VAR de la rencontre a vu une mini-poussette sur Marcelo au milieu de terrain au début de l’action. «Incident» qui avait, en direct, presque fait rire l’arbitre Artur Dias Correia tant le plongeon du Brésilien semblait grotesque. Le match a changé de visage en une poignée de secondes car, on le sait, le ralenti à l'excès change totalement la perception du jeu de ballon.

Le lendemain, à Prague, on a cru rêver et on a repensé à ces quelques rares matches de hockey où ce genre de moments bizarres se produisent une ou deux fois par saison. But d'un côté? Non, penalty de l'autre en fait.

A la 35e minute de jeu, Romelu Lukaku pensait avoir marqué le 0-2 pour l’Inter Milan contre le Slavia. Erreur. Le VAR a une fonction rembobinage sur son outil et l’a utilisé pour annuler son but (et pas pour réécouter les chants racistes, c'est ballot…).

Presque une minute avant qu’il ne fasse trembler les filets sur une passe de Lautaro Martinez, Stefan de Vrij avait touché le pied de Peter Olayinka à près de 90 mètres de là. Bim! Penalty, 1-1 à la place de 0-2. Les Dieux du football ont heureusement récompensé tant Paris que les Milanais. Ces derniers se sont, en effet, imposés 1-3 au terme d’une partie séduisante, alors que Paris a remontadé le Real.

Mercredi, un peu plus tôt dans la soirée, ce sont les «Blues» de Chelsea qui ont eu droit à quelques émotions «grâce» à la vidéo. Christian Pulisic a d’abord cru égaliser sur une remise d’un coéquipier à la 52e, avant d’être refroidi par le doigt de l’arbitre tendu en direction de son oreille. Le directeur de jeu a eu toutes les peines du monde à entendre son arbitre-vidéo, à cause des protestations véhémentes des Espagnols, mais a fini par accorder le but.

Dans la foulée, les Valenciens n’ont pas arrêté de protester, arguant que Kurt Zouma s’était appuyé sur un défenseur. Les hommes de Frank Lampard, eux, s’étaient replacés en attente de la décision, la vidéo s'est tue et les Londoniens ont été autorisés à refaire un petit tas pour fêter la validation de ce 1-2, intervenue après de longues secondes passées par les VARs devant leur petit écran.

On en est donc arrivé au point tant redouté. Les émotions sont diluées dans le temps et un joueur ne sait pas toujours s’il peut fêter son but sans passer pour un abruti deux minutes plus tard, après qu’un arbitre assis bien au chaud n’a vu, revu, rerevu et rererevu des images sur lesquelles il a tiré des traits bleus et rouge ou en attendant qu’il soit remonté assez en arrière pour trouver une petite faute à mi-terrain et annuler la réussite en question.

Même le téléspectateur est perdant! Avec des arrêts de jeu à rallonge – entre Valence et Chelsea, il y en a eu cinq en première période et huit en seconde! –, les parties débutées à 18 heures 55 se rapprochent dangereusement de celles prévues à 21 heures et les gens devant leur petit écran n’ont même plus le temps de réaliser le si important doublé toilettes-pizza entre les deux rencontres. Et ça, c’est vraiment impardonnable!

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