Football - Commentaire: mais laissez le football tranquille!
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FootballCommentaire: mais laissez le football tranquille!

Les grands penseurs des clubs riches, de l’UEFA ou de la FIFA veulent faire évoluer le sport le plus populaire du monde. Pourquoi? Bonne question…

par
Robin Carrel

Arbitrage vidéo qu'on ne comprend pas selon les Ligues qu'on regarde, arbitres de surfaces terriblement mal vendus avec leur bout de drapeau qui fait bip mais dont on ne captait pas l'utilité, puis Coupe du monde tous les deux ans, ou partagée entre l'Italie et l'Arabie Saoudite, mi-temps de trente minutes de jeu effectif, changements illimités, 5 minutes de suspension, une Coupe du monde à 48, un Euro à 32, la Super League... Les gars…

«Le football n'intéresse plus les jeunes», selon des présidents de club très souvent vieux. «Le public veut voir autre chose», selon de prestigieux employés de la FIFA, dont le football n'a forcément plus voulu s'ils se retrouvent aujourd’hui à ces postes-là. Oui, Arsène Wenger, oui, Marco van Basten, c'est de vous que je parle. Vous avez été de merveilleux techniciens, sur et à côté du rectangle vert? Ce n'est pas pour ça que vous avez l'apanage des bonnes idées. Il semblerait même que ce soit le contraire.

Je ne sais pas vous, autour de vous, sur les terrains près de chez vous, mais moi je trouve que le jeu de ballon ne se porte pas si mal. Bien sûr que les manières de le «consommer» changent avec les années, mais ça, ce n'est pas une nouveauté. D'ailleurs, si on veut que le sport le plus populaire du monde le reste, il faut savoir en garder son essence. Ce qui a fait son succès et qui lui permet d'être joué pareillement de Torshavn à Villars-le-Terroir, en passant par Donzelle, Rio de Janeiro, Londres et Pékin.

Bon, pas de bol, ce dimanche il n’y avait personne. Sûrement le vent…

Bon, pas de bol, ce dimanche il n’y avait personne. Sûrement le vent…

DR

Si le «ballon-pied» est un tel phénomène global, c'est qu'il a longtemps été joué pareillement des professionnels aux juniors. Qu'il a quasiment et de tous temps eu les mêmes règles pour Cristiano Ronaldo et votre filleul pas si doué que ça le samedi après-midi en juniors C. Ils n'ont pas les mêmes abdos, c'est vrai, mais au moins autant la même passion. Un ballon ou un truc rond, deux pulls ou des piquets et c'était parti. Ajoutez-y des filets, un arbitre et des lignes et on peut jouer une partie officielle. Le génial n’est pas toujours très éloigné du simple.

Ce n'est pas parce que quelques cerveaux vous disent que l'e-sport c'est l'avenir depuis quinze ans que ce sera plus vrai dans cinq, dix ou quinze ans qu'aujourd'hui. Moi, ce que je constate, c'est que les terrain de five, les petits synthétiques de quartier, les terrains de foot le mercredi et le samedi, ne désemplissent pas. Je peux affirmer qu'une génération, sur les réseaux sociaux, analyse le foot comme jamais les «vieux» présidents ne l'ont fait du haut de leurs loges VIP plus que jamais en forme de tour d'ivoire.

Le foot, il a son existence propre. Il est vivant et il sait s'adapter de lui-même, par petites retouches des fois, depuis la fin du XIXe siècle. Il n'a surtout pas besoin qu'on le dénature ou qu'on le mette au format smartphone pour rester le numéro un. Comme il faut toujours expliquer aux anciens comment marchent ces trucs électroniques, peut-être qu’il suffira de leur susurrer de pencher leur natel pour voir un match comme il faut, afin de laisser le foot tranquille.

C’est comme pour les règles du foot en fait: pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

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