Football: Commentaire: ne pas faire de Lichtsteiner un nouveau Behrami
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FootballCommentaire: ne pas faire de Lichtsteiner un nouveau Behrami

Stephan Lichtsteiner ne joue plus du tout avec Arsenal. Voilà qui met Vladimir Petkovic devant le fait accompli: il devra enfin trancher.

par
Florian Müller
Vladimir Petkovic et Stephan Lichtsteiner: l'histoire entre le sélectionneur et son capitaine doit se finir en bons termes. Sinon, ce serait un terrible échec.

Vladimir Petkovic et Stephan Lichtsteiner: l'histoire entre le sélectionneur et son capitaine doit se finir en bons termes. Sinon, ce serait un terrible échec.

Keystone

Il faut remonter au 24 février pour trouver trace de la dernière apparition de Stephan Lichtsteiner en match officiel avec son club. Le latéral droit d'Arsenal avait alors joué 56 minutes lors de la victoire face à Southampton (2-0).

Depuis? Lichtsteiner n'a été convoqué qu'une seule fois par Unai Emery, le 7 avril, pour assister à la défaite face à Everton (1-0) depuis le banc au lieu des tribunes - pas sûr qu'il ait mieux vu le match. Alors qu'Arsenal lutte tant bien que mal pour l'Europe, il semble très peu probable de voir la situation de Stephan Lichtsteiner évoluer d'ici la fin de la saison.

Sa seule apparition sur une pelouse depuis le début du printemps, le Lucernois la doit à sa titularisation en Géorgie avec l'équipe de Suisse le 23 mars dernier (0-2). Avec une prestation en rien surprenante à la clé: de l'engagement, certes, mais un centre sur dix qui arrive à destination et surtout beaucoup d'agacement - chez lui d'abord.

A un mois du Final Four de la Ligue des Nations, on est en droit de s'interroger: si la situation en club de Stephan Lichtsteiner n'évolue pas d'ici à la demi-finale face au Portugal, a-t-il encore sa place dans le cadre de l'équipe de Suisse? L'homme aura 36 ans à l'entame de l'Euro 2020, ne serait-il pas temps de définitivement tourner la page? D'accord, Michael Lang n'a guère plus de temps de jeu avec Gladbach et Kevin Mbabu n'est pour l'heure encore «qu'un joueur de Super League», mais la passation de pouvoir ne s'impose-t-elle pas comme une évidence depuis un bon moment déjà?

Voilà ce qu'on pense: Vladimir serait bien inspiré de décocher son téléphone dans les prochains jours. Mieux, il pourrait aller faire un tour du côté de Londres – Lichtsteiner a du temps libre à revendre – pour discuter entre quatre yeux de la situation avec celui qui est toujours son capitaine numéro un.

Il pourrait lui proposer le «gentleman's agreement» suivant: «Steph, ce tournoi européen ne serait-il pas une formidable estrade pour faire tes adieux internationaux? Si oui, alors promis tu joueras, au moins quelques minutes.» Une sortie par la grande porte pour un joueur dont le dévouement (105 sélections) mérite définitivement cette attention particulière.

Quand on connaît un tant soit peu le caractère du Lucernois – un compétiteur de cette trempe à forcément un orgueil qui confine au melon – l'écueil à absolument éviter serait celui qui a mené à l'affaire Valon Behrami au sortir du Mondial 2018. Par manque d'entregent, Petkovic s'était retrouvé dans la tourmente d'un divorce douloureux, où les rancœurs avaient été montées en épingle sur la place public.

Les grands sélectionneurs apprennent encore et toujours de leurs erreurs. A n'en pas douter, Vladimir Petkovic est de ceux-là.

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